Lors d'une réunion de la diaspora sénégalaise à Villongo, près de Bergame en Italie, le premier vice‑président de l'Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a déclaré que le Sénégal était « en pause », soulignant un arrêt des activités publiques tout en constatant une forte mobilité des Sénégalais à l'étranger.
Déclaration officielle du vice‑président de l'Assemblée
El Malick Ndiaye, ancien président de l'Assemblée nationale et actuellement premier vice‑président, a prononcé la phrase « Le Sénégal est en pause. Tout est à l'arrêt, sauf la transhumance à outrance » lors d'un discours devant les membres de la communauté sénégalaise rassemblés à Villongo. Cette affirmation, diffusée dans les médias locaux, vise à mettre en lumière ce que le responsable perçoit comme un blocage des institutions nationales, tout en soulignant que les Sénégalais continuent de se déplacer massivement, notamment vers le quartier de Kiiraay.
Contexte de la rencontre et portée symbolique
La réunion, organisée par des associations de la diaspora, a réuni plusieurs centaines de participants venus de toute la France et d’autres pays européens. Le cadre, une salle des fêtes décorée de drapeaux sénégalais, a servi de décor à une mise en scène où le « bouton pause » a été symboliquement pressé, illustrant l’idée d’un pays figé. Les organisateurs ont souligné que la diaspora, loin d’être en pause, prépare déjà des projets pour 2029, contrastant avec le diagnostic de stagnation avancé par le vice‑président.
Réactions et enjeux pour la gouvernance sénégalaise
La déclaration a suscité des réactions variées au sein du paysage politique sénégalais. Certains observateurs y voient une critique ouverte du manque de visibilité sur les nominations et la gestion des institutions, rappelant des cas antérieurs où des fonctionnaires peu qualifiés ont accédé à des postes de direction. D’autres, dont Aldiouma Sow, ont contesté la légitimité de la prise de parole, arguant que le porte‑parole de la diaspora ne peut pas « arbitrer » la situation intérieure depuis l'étranger. Le débat relance la question de la responsabilité des dirigeants, notamment du président du Sénégal, du président de l'Assemblée et du Premier ministre, quant à la capacité de relancer le pays.
Implications pour la diaspora et la politique intérieure
Le discours de Villongo met en exergue le rôle croissant de la diaspora dans le débat public sénégalais. En dénonçant une « pause » institutionnelle, les leaders communautaires appellent à une plus grande transparence et à des réformes qui permettraient de relancer les processus décisionnels. La mise en avant de la mobilité des Sénégalais, qualifiée de « transhumance », souligne également l'importance économique des envois de fonds et des projets d'investissement à l'étranger, qui restent des leviers de développement pour le pays.