Au lendemain de la déclaration de politique générale du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô, le paysage politique sénégalais s'interroge sur la cohabitation entre les institutions. Ousmane Sonko a appelé à instaurer un dialogue loyal avec le président Bassirou Diomaye Faye, écartant l'idée d'une confrontation prolongée entre les pouvoirs et soulignant la nécessité de préserver l'unité du projet politique porté par le Pastef.
La recherche d'un équilibre institutionnel
Le président de l'Assemblée nationale a réaffirmé l'autonomie du Parlement, tout en insistant sur le respect scrupuleux de la Constitution. Pour les autorités, les divergences potentielles entre la présidence, le gouvernement et la majorité parlementaire ne doivent pas entraver le fonctionnement de l'État. Ousmane Sonko a précisé que le rôle de l'Assemblée est de soutenir les mesures conformes à l'intérêt national, tout en conservant sa mission de contrôle pour amender ou s'opposer aux politiques jugées contraires aux priorités du pays.
Cohésion interne et enjeux de gouvernance
La stabilité du pays repose, selon plusieurs figures du parti, sur la solidité du tandem formé par le chef de l'État et le Premier ministre. Maïmouna Dièye a notamment insisté sur la nécessité d'une cohésion autour de ce duo, soulignant leur fraternité politique comme socle de la gouvernance actuelle. Cette volonté d'apaisement intervient alors que certains députés de la majorité ont manifesté des réserves concernant la gestion de la dette publique et les orientations stratégiques liées aux relations avec le Fonds monétaire international.
Un calendrier législatif sous tension
Malgré ces débats, l'exécutif maintient le cap sur le référentiel « Sénégal 2050 », validé lors du Conseil des ministres du 10 septembre. Le président Bassirou Diomaye Faye a ordonné une accélération des réformes touchant au pouvoir d'achat et à l'efficacité des services publics. Le gouvernement fait face à un calendrier législatif particulièrement serré : le projet de loi de finances rectificative 2026 est attendu au Parlement d'ici le 15 septembre, tandis que le projet de loi de finances pour 2027 devra être présenté en Conseil des ministres avant la fin du mois.