Le Sénégal à la tête de la CEDEAO

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 35 lectures
Le Sénégal à la tête de la CEDEAO

La désignation du président sénégalais à la présidence en exercice de la Conférence des chefs d'État et de gouvernement de la CEDEAO place Dakar au coeur d'une séquence régionale décisive. Le Sénégal obtient également un rôle institutionnel majeur avec la nomination du général Birame Diop à la présidence de la Commission de la CEDEAO.

La CEDEAO traverse l'une des crises les plus profondes de son histoire, avec le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger, et la consolidation de l'Alliance des États du Sahel. Le Sénégal doit donc reconstruire l'organisation et restaurer son autorité institutionnelle, tout en rétablissant sa légitimité populaire.

Une CEDEAO fragilisée

La CEDEAO a souvent joué un rôle de médiation, de stabilisation et de pression diplomatique, mais les crises récentes ont révélé ses limites. La rupture avec les États de l'AES a accentué cette perception, et la CEDEAO apparaît parfois moins comme une communauté de peuples que comme une organisation de sommets, de sanctions et de décisions perçues comme éloignées des réalités sociales.

Le Sénégal doit donc sortir d'une image trop exclusivement associée à la sanction et produire des solutions visibles pour les populations, telles que la sécurité, la circulation, le commerce, l'emploi, les infrastructures, l'énergie, l'alimentation, la mobilité et la stabilité.

La priorité : éviter une guerre froide ouest-africaine

Le danger majeur serait de voir l'Afrique de l'Ouest s'installer durablement dans une logique de blocs, avec une CEDEAO institutionnelle d'un côté et une AES sahélienne de l'autre. Une telle division serait dangereuse pour toute la région et fragiliserait la libre circulation, compliquerait le commerce et affaiblirait les chaînes d'approvisionnement.

Le Sénégal dispose d'un avantage particulier pour ouvrir une fenêtre de dialogue avec les États de l'AES, mais ce dialogue ne doit être ni naïf ni purement symbolique. Il doit porter sur des sujets concrets tels que la libre circulation des personnes, le maintien des échanges commerciaux et la coopération contre le terrorisme.

Reconstruire la CEDEAO par l’économie réelle

La CEDEAO ne peut pas être reconstruite uniquement par des déclarations politiques, mais doit l'être par l'économie réelle. L'intégration régionale doit redevenir visible dans la vie quotidienne des citoyens et des entreprises, en concentrant l'action sur des priorités mesurables telles que la fluidification des corridors de transport, la réduction des barrières non tarifaires et l'amélioration de la sécurité des axes commerciaux.

Le Briefing KUMBA

L'essentiel de l'actu panafricaine, chaque matin par email.

Discussion

Commentaires

Les commentaires sont modérés avant publication. Respectez les personnes et le débat.

Aucun commentaire publié pour le moment.

Soyez le premier à participer à la discussion.

Votre pays

KUMBA priorisera les contenus de ce pays.

Aucun pays trouvé.