Le sénateur Saliu Mustapha, président de la commission de l'Agriculture et du Développement rural au Sénat nigérian, a officiellement quitté le All Progressives Congress (APC), le parti au pouvoir. Cette démission, qui fait suite à des désaccords profonds au sein de la formation politique, redessine les équilibres électoraux dans l'État du Kwara à l'approche des échéances de 2027.
Une rupture actée après des mois de dissensions
Dans sa lettre de démission, le sénateur représentant le district de Kwara Central justifie son départ par une divergence irréconciliable entre ses convictions personnelles et la direction prise par l'APC. L'élu, qui affirme avoir consulté ses électeurs et les parties prenantes locales, souligne que son engagement politique doit rester fondé sur des principes et une finalité au service des populations. Cette décision intervient après l'échec des tentatives de médiation menées par un comité de réconciliation interne, dont les travaux n'ont pas permis d'apaiser les tensions au sein de la section locale du parti.
Le poids des primaires dans la crise interne
La démission de Saliu Mustapha s'inscrit dans un contexte de contestation plus large contre la gestion du parti dans l'État du Kwara. Le sénateur avait notamment échoué à obtenir l'investiture pour le poste de gouverneur, finalement attribuée au président de l'Assemblée législative, Salihu-Yakubu Danladi, un choix perçu par plusieurs cadres comme une imposition du gouverneur actuel, AbdulRahman AbdulRazaq. Ce mécontentement est partagé par d'autres figures politiques locales, dont l'ancien responsable de l'APC dans la zone de gouvernement local de Patigi, Kolo Jiya, qui a également quitté les rangs du parti.
Vers une reconfiguration des forces pour 2027
Les observateurs de la scène politique nigériane anticipent désormais le ralliement de Saliu Mustapha au Peoples Democratic Party (PDP), la principale formation d'opposition. L'objectif serait d'obtenir l'investiture du PDP pour le district de Kwara Central lors des élections de 2027, ce qui le placerait en confrontation directe avec le candidat de l'APC, le gouverneur sortant AbdulRahman AbdulRazaq. Cette stratégie de basculement vers l'opposition, adoptée par plusieurs membres mécontents de l'APC, illustre la fragilité des coalitions locales face aux enjeux de désignation des candidats et aux ambitions personnelles des cadres du parti au pouvoir.