Le sénateur Adams Oshiomhole a pris position pour soutenir la demande d'emprunt formulée par le président Bola Tinubu, soulignant l'impératif de financer des projets d'infrastructures critiques. Selon le parlementaire, ce recours à la dette extérieure est une nécessité stratégique pour briser le cycle du sous-développement, tout en garantissant que ces fonds ne seront pas alloués aux dépenses courantes ou aux salaires.
Un levier pour la croissance économique
Pour l'ancien gouverneur de l'État d'Edo, le Nigeria ne peut se permettre d'attendre que ses revenus nationaux soient suffisants pour couvrir l'intégralité de ses besoins en investissements. Il soutient que l'emprunt, s'il est orienté vers des projets structurants comme les réseaux routiers et ferroviaires, est un moteur de croissance indispensable. En accédant aux marchés financiers internationaux, le gouvernement évite également d'évincer les entreprises locales du crédit domestique, préservant ainsi la vitalité du secteur privé national.
Réponse aux critiques de l'opposition
Interrogé sur les réserves exprimées par l'ancien vice-président Atiku Abubakar, M. Oshiomhole a rappelé que la contradiction démocratique est saine, tout en soulignant que l'opposition a le devoir de demander des comptes sans pour autant paralyser l'action publique. Le sénateur a réfuté l'idée que ces emprunts soient une nouveauté, rappelant que les grandes puissances mondiales utilisent également la dette pour financer leur développement. Il a toutefois insisté sur la nécessité pour l'exécutif de fournir des explications transparentes sur l'utilisation des fonds.
Le défi de la souveraineté énergétique
Au-delà des infrastructures de transport, le sénateur a mis en exergue l'urgence de la réforme du secteur électrique. Il estime que le redressement industriel du pays est conditionné par une fourniture d'énergie fiable, sans laquelle les fabricants resteront dépendants de solutions coûteuses comme les générateurs. M. Oshiomhole a profité de cette tribune pour critiquer la gestion passée des fonds alloués à l'électricité, affirmant que les investissements des administrations précédentes n'ont pas produit les résultats escomptés.
Un examen parlementaire en cours
La proposition présidentielle est actuellement entre les mains du Comité du Sénat sur les dettes locales et étrangères. Si M. Oshiomhole se dit confiant quant à une issue favorable, il rappelle que le rôle des législateurs est de scruter minutieusement le dossier. Pour le sénateur, le choix est binaire : soit le pays accepte de s'endetter pour construire les infrastructures nécessaires à son avenir, soit il se condamne à une stagnation économique prolongée.