Le Sénat nigérian a officiellement sollicité le gouvernement fédéral pour le déblocage immédiat de ressources issues du Fonds écologique, destinées à l'État de Cross River. Cette décision intervient alors que des phénomènes d'érosion et des glissements de terrain récurrents provoquent des pertes en vies humaines et le déplacement massif de populations dans plusieurs localités.
Une crise environnementale aux conséquences humaines lourdes
La situation dans l'État de Cross River, particulièrement au sein de la métropole de Calabar, est devenue critique. Des quartiers tels qu'Atakpa, Edim Otop, Ikot Anwatim et Nyaghasang sont directement menacés par l'instabilité des sols. En juillet dernier, un glissement de terrain à Ikot Anwatim a causé la mort de cinq personnes, dont quatre membres d'une même fratrie, illustrant l'urgence de la situation. Le sénateur Asuquo Ekpenyong, à l'origine de la motion, a souligné que ces drames sont exacerbés par des pratiques humaines délétères : systèmes de drainage mal conçus, gestion anarchique des déchets, extraction illégale de sable et dégradation de la végétation.
Mobilisation des agences de secours et mesures d'urgence
Au-delà de l'appel au financement, le président du Sénat, Godswill Akpabio, a ordonné à l'Agence nationale de gestion des urgences (NEMA) de collaborer étroitement avec les autorités locales. L'objectif est de fournir une assistance immédiate aux familles sinistrées, incluant nourriture, soins médicaux et soutien psychosocial. Parallèlement, des directives ont été données pour organiser l'évacuation sécurisée des résidents situés dans les zones à haut risque et pour mettre en place des systèmes d'alerte précoce afin de prévenir de nouveaux drames.
Exigences de rigueur technique pour les travaux de stabilisation
Le Sénat ne se limite pas à une demande de fonds ; il exige une approche structurelle. Les ministères de l'Environnement et des Travaux publics ont été mandatés pour prioriser les projets de contrôle de l'érosion en s'appuyant sur des études géotechniques et hydrologiques rigoureuses. Le Comité sénatorial sur l'environnement a été chargé d'inspecter les zones sinistrées et d'évaluer l'efficacité des interventions actuelles. Cette démarche vise à garantir que les fonds alloués soient utilisés pour des solutions d'ingénierie durables, plutôt que pour des réparations temporaires, dans un contexte national où les ressources du Fonds écologique sont déjà fortement sollicitées par des défis environnementaux croissants à travers tout le pays.