Le Sénat nigérian engage une réforme législative pour transformer le secteur agricole

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 6 lectures
Le Sénat nigérian engage une réforme législative pour transformer le secteur agricole

Le Sénat nigérian a franchi une étape décisive en adoptant en deuxième lecture un projet de loi ambitieux visant à restructurer en profondeur le secteur agricole national. Ce texte, porté par le vice-président du Sénat, Jibrin Barau, ambitionne de créer un cadre juridique contraignant pour garantir la pérennité des politiques agricoles, au-delà des changements d'administration.

Un cadre juridique pour la souveraineté alimentaire

Le projet de loi propose une approche holistique pour moderniser une filière qui, bien qu'elle représente environ 40 % du PIB nigérian et 70 % des emplois, souffre d'un manque de mécanisation et d'infrastructures. L'objectif est de stimuler la productivité à travers l'irrigation, le financement agricole et l'agro-industrialisation. Les sénateurs ont souligné que l'absence de législation solide par le passé, notamment lors du programme « Green Revolution », a conduit à l'abandon de projets structurants dès le départ des gouvernements initiateurs.

Répondre aux défis structurels du secteur

Lors des débats, les parlementaires ont mis en lumière les failles persistantes du secteur, telles que les pertes post-récolte, le manque de stockage et l'insuffisance des financements. Le sénateur Babangida Hussaini a illustré ces difficultés par l'exemple des filières hibiscus et sésame, dont le potentiel économique reste bridé par l'absence d'unités de transformation locales. Le texte prévoit ainsi d'harmoniser les politiques de production, de marketing et de recherche pour transformer les matières premières sur le sol nigérian, rappelant l'époque où l'agriculture soutenait les industries textiles de Kano et Lagos.

Vers une obligation de résultats pour l'État

L'innovation majeure de ce texte réside dans sa volonté d'imposer des obligations statutaires aux administrations successives. En instaurant un « Programme national de révolution agricole » doté d'objectifs chiffrés et de stratégies d'implémentation claires, le Sénat cherche à mettre fin à la discontinuité des politiques publiques. Le texte insiste également sur le soutien aux petits exploitants, aux femmes et aux jeunes, tout en intégrant des mécanismes de résilience face au changement climatique.

Prochaines étapes législatives

Le président du Sénat, Godswill Akpabio, a officiellement transmis le projet de loi aux commissions compétentes, notamment celles chargées de la production agricole, des services ruraux et des institutions de formation agricole. Ces instances disposent désormais d'un délai de quatre semaines pour examiner les détails techniques du texte et soumettre leur rapport, une étape cruciale avant une éventuelle adoption finale qui marquerait un tournant dans la stratégie de diversification économique du pays, historiquement trop dépendante du pétrole.

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