À l'approche de la rentrée scolaire, le syndicat SELS/Authentique monte au créneau pour dénoncer l'anarchie tarifaire qui caractérise le secteur de l'enseignement privé. Le syndicat exige une intervention rapide du ministère de l'Éducation nationale pour encadrer des pratiques financières jugées abusives par les familles.
Des cotisations jugées excessives
Le secrétaire général adjoint du SELS/A, Ibrahima Kambi, pointe du doigt des frais de scolarité et des cotisations atteignant, selon ses observations, des montants oscillant entre 25 000 et 50 000 francs CFA. Dans un contexte économique marqué par une forte pression sur le pouvoir d'achat des ménages, ces exigences financières sont perçues comme un obstacle majeur à l'accès à l'éducation. Le syndicaliste qualifie la gestion de certains établissements de « boutique scolaire », suggérant une priorité donnée à la rentabilité financière au détriment de la mission éducative.
L'appel à une régulation étatique
Face à ce constat, le SELS/A réclame une clarification urgente des règles régissant le secteur privé. Le syndicat interroge la tutelle sur les mécanismes de contrôle effectifs mis en place pour surveiller les tarifs pratiqués. Une question de fond est posée sur la nature même de ces établissements : le syndicat s'interroge sur la pertinence de leur rattachement administratif, suggérant qu'une supervision plus rigoureuse, voire une implication du ministère du Commerce, pourrait être nécessaire pour endiguer ce qu'il considère comme des dérives mercantiles.
Un secteur sous observation
Cette sortie syndicale intervient dans un climat de réflexion nationale sur le système éducatif. Le 4 mai 2026, le ministre Moustapha Guirassy a inauguré un Symposium national dédié à l'enseignement privé, soulignant l'importance stratégique de ce sous-secteur. Si les autorités cherchent à structurer l'offre privée, les revendications du SELS/A rappellent que la question de la régulation des coûts reste un point de tension sociale majeur, nécessitant un arbitrage clair entre la liberté d'entreprendre des promoteurs privés et le droit à une éducation accessible pour les citoyens.