Le paysage des entreprises d'État au Ghana a connu un redressement spectaculaire en 2025, enregistrant un bénéfice net consolidé de 19,8 milliards de GH¢. Ce résultat, publié par la State Interests and Governance Authority (SIGA), met fin à quatre exercices financiers marqués par des pertes chroniques et témoigne d'une amélioration notable de la gestion publique.
Un redressement porté par les secteurs stratégiques
La performance globale du secteur des entreprises d'État (SOE) a été propulsée par une hausse de 28,12 % du chiffre d'affaires, atteignant 176,43 milliards de GH¢. Cette dynamique est principalement portée par les secteurs de l'agriculture, de l'industrie manufacturière et des infrastructures, qui ont enregistré des croissances respectives de 203,71 %, 114,74 % et 92,24 %. Parallèlement, l'appréciation du cedi a permis de dégager des gains de change nets de 11,72 milliards de GH¢, inversant la tendance déficitaire de l'année précédente.
Des poches de vulnérabilité persistantes
Malgré ce bilan positif, la SIGA souligne des risques financiers structurels. Cinq entreprises, dont la compagnie d'électricité (ECG) et la raffinerie de pétrole de Tema, affichent des pertes récurrentes depuis 2021. La situation est particulièrement préoccupante pour d'autres entités publiques, dont le déficit combiné s'est creusé pour atteindre 10,48 milliards de GH¢, une dégradation largement imputée à la position nette négative de la Banque centrale. Face à ces difficultés, la SIGA a officiellement recommandé la liquidation de la Ghana Railway Company Limited, préconisant une restructuration profonde de ses activités.
Réformes de gouvernance et discipline budgétaire
L'amélioration des résultats est corrélée à un environnement macroéconomique plus favorable, marqué par une croissance du PIB de 6 % et une baisse des taux d'intérêt. L'introduction de nouvelles directives de gestion financière publique en mai 2025 a également joué un rôle clé : les infractions liées aux marchés publics ont chuté de 18,4 milliards de GH¢ en 2024 à 2,2 milliards en 2025. Bien que ces mesures de contrôle aient pu ralentir certains projets d'investissement, elles ont renforcé la transparence et la discipline au sein des entités étatiques.
Vers une pérennisation des acquis
L'année 2025 marque également une montée en puissance de l'emploi public, avec la création de plus de 5 000 nouveaux postes, tout en intégrant davantage de femmes dans les effectifs. Plusieurs entreprises ont par ailleurs amorcé une transition vers une économie de 24 heures, diversifiant leurs services pour soutenir la croissance nationale. La SIGA insiste désormais sur la nécessité de transformer ce rebond conjoncturel en une base durable, en s'attaquant prioritairement aux faiblesses de gouvernance et aux risques fiscaux qui pèsent encore sur le portefeuille de l'État.