Le gouvernement sénégalais a annoncé un plan d'apurement des arriérés de paiement dus aux entreprises, étalé sur une période de trois ans. Une stratégie jugée insuffisante par les acteurs économiques, qui alertent sur l'asphyxie financière menaçant la pérennité de nombreuses structures.
Un passif financier de 1 956 milliards de francs CFA
L'ampleur de la dette intérieure, évaluée à 1 956 milliards de francs CFA par le Premier ministre Ahmadou Alhaminou Lô, constitue un frein majeur à la dynamique économique nationale. Si l'exécutif a érigé le règlement de ces sommes en priorité pour stimuler la relance, le calendrier de remboursement proposé peine à convaincre. Un premier décaissement de 300 milliards de francs CFA est programmé d'ici la fin de l'année, une mesure qui reste toutefois jugée trop lente par les représentants du patronat face à l'urgence de la situation.
Le secteur du BTP en première ligne
Les conséquences de ce blocage financier sont déjà visibles sur le terrain. Le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) est particulièrement fragilisé, avec des chantiers mis à l'arrêt et une chute drastique des investissements. Cette paralysie se traduit par des licenciements et une contraction globale de l'activité, touchant également les acteurs du secteur informel. Pour de nombreuses entreprises, la survie est devenue une préoccupation quotidienne après deux années de tensions de trésorerie.
La proposition d'une compensation fiscale
Face à cette impasse, le secteur privé a formulé des recommandations concrètes, consignées dans un livre blanc remis au chef de l'État le 17 septembre. Alla Sène Gueye, président de la Fédération nationale des industries du Sénégal, préconise une accélération du processus par le biais de la compensation. L'idée est de déduire les créances détenues par les entreprises sur l'État des impôts et taxes, notamment la TVA et l'impôt sur les bénéfices, qu'elles doivent verser au Trésor public. Cette approche permettrait, selon les industriels, de réduire le délai de remboursement à deux ans et de redonner rapidement des marges de manœuvre aux opérateurs économiques.