Le secteur privé sénégalais alerte : licenciements massifs, frais portuaires de 45 % et appel à un dialogue public‑privé urgent

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 18 lectures
Le secteur privé sénégalais alerte : licenciements massifs, frais portuaires de 45 % et appel à un dialogue public‑privé urgent

Lors d’une réunion à la Chambre de commerce de Dakar, les représentants du commerce, de l’industrie et du transport ont tiré la sonnette d’alarme sur la détérioration rapide du tissu entrepreneurial sénégalais. Entre licenciements hebdomadaires, frais portuaires jugés excessifs et absence de concertation avec l’État, ils réclament des mesures urgentes pour éviter la disparition de leurs entreprises.

Licenciements hebdomadaires et pression concurrentielle

Ousmane Sy Ndiaye, directeur exécutif de l’Union nationale des acteurs du commerce, de l’industrie et des services (UNACOIS), a indiqué que les entreprises locales enregistrent des suppressions de postes chaque semaine. Cette dynamique s’explique, selon lui, par une concurrence accrue des opérateurs venus d’Asie et du Moyen‑Orient, qui proposent des prix que les acteurs sénégalais peinent à égaler. Le déséquilibre de coûts pousse de nombreuses PME à réduire leurs effectifs ou à cesser leurs activités, accentuant le risque d’une vague de fermetures d’entreprises.

Frais de manutention au port de Dakar : un surcoût de 45 %

Le même porte-parole a pointé du doigt les pratiques de facturation du port de Dakar, qu’il qualifie de « dépassant l’entendement ». Selon les chiffres présentés, la valeur des marchandises importées augmente de près de la moitié une fois les frais portuaires appliqués, soit un supplément moyen de 45 % sur le prix de revient. Cette majoration se répercute directement sur le coût des produits de première nécessité, alimentant l’inflation et réduisant le pouvoir d’achat des consommateurs.

Appel à un dialogue structuré entre le gouvernement et le secteur privé

Les acteurs mobilisés ont souligné que l’absence de dialogue institutionnel constitue le principal frein à la résolution de ces problèmes. Ils estiment que le gouvernement n’est pas suffisamment informé des difficultés quotidiennes rencontrées par les entreprises et que, sans une concertation régulière, les mesures d’ajustement restent inefficaces. La demande porte donc sur l’instauration d’un cadre de concertation sectorielle, permettant de recenser les obstacles et de co‑construire des réponses adaptées.

Demandes concrètes et perspectives de relance économique

En conclusion de la rencontre, les représentants ont exigé la mise en œuvre immédiate des recommandations formulées lors de leurs entretiens avec le Premier ministre. Parmi les priorités figurent la révision des tarifs portuaires, le soutien aux entreprises menacées de fermeture et la création d’un mécanisme de dialogue public‑privé pérenne. Selon eux, ces actions sont indispensables pour relancer la confiance des investisseurs, stabiliser l’emploi et soutenir la croissance économique dans un contexte social jugé « extrêmement compliqué ».

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