La Ghana National Association of Private Schools (GNAPS) exige l'abrogation pure et simple du quota de 15 % réservé aux élèves issus des écoles publiques pour l'admission dans les lycées (Senior High Schools). Cette mesure, initialement conçue pour favoriser l'accès aux établissements secondaires pour les élèves des zones défavorisées, est aujourd'hui jugée discriminatoire et inadaptée par les acteurs du secteur privé.
Une définition contestée de la précarité scolaire
Pour la GNAPS, le système actuel repose sur un postulat erroné : assimiler systématiquement la fréquentation d'une école publique à une situation de vulnérabilité économique. Justice King Essel, premier vice-président de l'association, souligne que de nombreuses écoles privées opèrent également dans des environnements précaires. Selon lui, l'origine de l'établissement ne devrait pas constituer le critère déterminant pour définir le besoin d'un soutien public, au risque d'exclure injustement des élèves méritants issus du privé.
Risques pour la viabilité des établissements privés
Au-delà de la question de l'équité, l'association alerte sur les conséquences économiques de cette politique. En favorisant l'accès aux lycées publics via ce quota, le gouvernement inciterait les parents à retirer leurs enfants des écoles privées pour les inscrire dans le public. Ce mouvement de désaffection menace directement la pérennité financière de nombreux établissements privés, particulièrement ceux pratiquant des frais de scolarité modérés, qui peinent déjà à couvrir leurs charges opérationnelles et à rémunérer leur personnel enseignant.
Vers une refonte du système d'admission
La GNAPS plaide pour une réforme profonde du processus d'affectation, réclamant un système fondé sur l'égalité des chances plutôt que sur le statut juridique de l'école primaire fréquentée. L'association exhorte les autorités ghanéennes à reconsidérer ce mécanisme de priorité, qu'elle perçoit comme un frein au développement du secteur privé. L'enjeu est désormais de savoir si le gouvernement acceptera de réviser ses critères d'admission pour garantir une neutralité totale dans l'accès aux cycles secondaires, indépendamment du parcours scolaire antérieur de l'élève.