Face à une forte dépendance aux importations, les pharmaciens du secteur privé sénégalais appellent l'État à instaurer un environnement incitatif pour stimuler la production locale de médicaments. Cette stratégie repose sur une refonte des cadres fiscaux et douaniers, couplée à une volonté de sécuriser durablement l'approvisionnement du pays.
Leviers fiscaux et simplification réglementaire
Pour favoriser l'émergence d'unités de production locales, les professionnels du secteur préconisent des mesures douanières et fiscales préférentielles. Au-delà de l'aspect financier, ils insistent sur la nécessité d'un cadre réglementaire agile qui faciliterait l'homologation des médicaments fabriqués au Sénégal. Cette ambition s'accompagne d'une exigence de rigueur : les pharmaciens réclament des contrôles qualité renforcés pour garantir la conformité des produits locaux aux standards internationaux, condition sine qua non pour gagner la confiance des prescripteurs et des patients.
Lutte contre les circuits illicites
La sécurisation du marché intérieur passe également par une action déterminée contre la prolifération des médicaments falsifiés ou détournés. Les représentants des officines appellent à une synergie opérationnelle accrue entre les services des douanes, les forces de sécurité et l'Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (ARP). L'enjeu est ici l'application stricte des textes en vigueur pour assainir le circuit de distribution et protéger la santé publique des risques liés aux produits de contrefaçon.
Le rôle structurant de la commande publique
La profession identifie la Pharmacie nationale d'approvisionnement comme un levier stratégique capable de soutenir les industriels locaux en leur offrant des débouchés garantis. Toutefois, le passage à une production nationale d'envergure nécessite des investissements lourds, des financements de long terme et une montée en compétences de la main-d'œuvre. Cette dynamique s'inscrit dans une réflexion plus large sur la viabilité technique et financière des industriels, un point déjà soulevé par les délégués médicaux en 2026.
Une ambition alignée sur l'intégration continentale
Cette démarche sénégalaise résonne avec les objectifs de l'Union africaine à travers le projet d'Agence africaine du médicament. L'harmonisation des procédures d'enregistrement à l'échelle du continent est perçue comme un catalyseur essentiel pour permettre l'émergence de groupes industriels régionaux capables de répondre aux besoins sanitaires des populations africaines tout en réduisant la vulnérabilité aux chocs extérieurs.