Le secteur minier ghanéen doit miser sur l'agilité humaine pour réussir sa transition technologique

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 35 lectures
Le secteur minier ghanéen doit miser sur l'agilité humaine pour réussir sa transition technologique

La transformation numérique du secteur minier ghanéen ne dépendra pas uniquement de l'adoption de nouveaux outils, mais de la capacité des entreprises à faire évoluer leur capital humain. Lors de la 7e conférence biennale des ressources humaines de la Chambre des mines du Ghana, Patricia Obo-Nai, PDG de Telecel Ghana, a souligné que la compétitivité future de l'industrie extractive repose sur une stratégie de recrutement axée sur l'agilité, la curiosité et l'apprentissage continu.

Anticiper l'obsolescence des compétences

Pour la dirigeante, le modèle actuel de formation, souvent limité à des ateliers annuels, est devenu inadapté face à la rapidité des mutations technologiques. Elle exhorte les entreprises minières à ne plus attendre que les compétences des employés deviennent obsolètes pour investir dans leur développement. L'enjeu est de transformer le lieu de travail en un environnement d'apprentissage permanent, où l'acquisition de connaissances est intégrée aux tâches quotidiennes. Cette approche proactive permettrait de combler les lacunes avant que l'automatisation des processus opérationnels ne fragilise la main-d'œuvre.

La diversité comme levier d'innovation

L'intégration des femmes dans les filières techniques, telles que l'ingénierie et les technologies de pointe, constitue un autre pilier stratégique pour le secteur. Patricia Obo-Nai a insisté sur le fait que l'absence de parcours clairs pour les talents féminins prive les entreprises de perspectives essentielles à l'innovation. En s'appuyant sur l'expérience de Telecel, notamment via des programmes de bourses et des académies dédiées aux compétences STEM, elle encourage les acteurs miniers à créer des environnements plus inclusifs pour attirer et retenir les profils techniques féminins.

Un pont nécessaire entre industrie et académie

De son côté, le Dr Kenneth Ashigbey, PDG de la Chambre des mines du Ghana, a plaidé pour un rapprochement accru entre le monde académique et le secteur minier. Selon lui, la mine de demain doit fonctionner comme une salle de classe, offrant aux employés l'espace psychologique nécessaire pour expérimenter et innover. Cette synergie entre la recherche universitaire et les besoins opérationnels des entreprises est présentée comme une condition sine qua non pour transformer le potentiel humain du pays en une force de travail capable de piloter la prochaine ère de l'extraction minière.

La fonction RH au cœur de la stratégie

La conférence a réaffirmé le rôle central des ressources humaines dans cette transition. Loin d'être une simple fonction administrative, la gestion des talents est désormais identifiée comme le moteur stratégique de la compétitivité. En plaçant l'agilité et l'apprentissage au centre de leur culture d'entreprise, les sociétés minières ghanéennes cherchent à se préparer à un avenir où la maîtrise technologique sera le principal facteur de différenciation sur le marché mondial.

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