Le secteur maritime nigérian sous tension après l'annonce d'une hausse record des revenus

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 33 lectures
Le secteur maritime nigérian sous tension après l'annonce d'une hausse record des revenus

Le ministère nigérian de l'Économie maritime et bleue a annoncé une performance financière record pour l'année 2025, avec 1 830 milliards de nairas générés, soit une progression de 160 % par rapport à 2023. Cette hausse, attribuée par le gouvernement à la numérisation et à la lutte contre les fuites financières, cristallise toutefois le mécontentement des acteurs du secteur qui dénoncent une pression fiscale accrue sans amélioration des infrastructures portuaires.

Une pression financière sur les importateurs

Pour les importateurs et les agents en douane, cette performance budgétaire cache une réalité opérationnelle difficile. Joseph Ajoku, président de l'Association des importateurs du Nigeria pour la zone Sud-Ouest, affirme que les objectifs de revenus agressifs imposés aux services des douanes se traduisent par des coûts supplémentaires pour les opérateurs privés. Selon lui, les contrôles fréquents et les blocages de conteneurs servent de levier pour collecter des paiements officieux, alourdissant ainsi le coût final des marchandises et entravant la fluidité des échanges commerciaux.

Le paradoxe du financement des infrastructures

Le débat porte également sur la gestion des ressources générées par le secteur. Lucky Amiwero, président du Conseil national des directeurs d'agences en douane agréées, s'interroge sur la stratégie de financement du gouvernement. Alors que l'État envisage d'emprunter des fonds extérieurs pour réhabiliter les ports, les professionnels du secteur estiment que les revenus massifs engrangés devraient être prioritairement réinvestis dans la modernisation des installations existantes.

Exigence de transparence sur l'utilisation des fonds

La question de la redevabilité est au cœur des revendications des opérateurs portuaires. Ces derniers rappellent que les ports nigérians font l'objet de concessions depuis 2006 et que les revenus collectés par les agences maritimes, telles que l'Autorité portuaire nigériane (NPA), devraient suffire à financer les travaux nécessaires. Les acteurs du secteur appellent désormais le gouvernement à fournir un bilan détaillé de l'utilisation de ces 1 830 milliards de nairas, insistant sur le fait que la croissance des recettes doit impérativement se traduire par une amélioration tangible de la compétitivité et de l'efficacité logistique du pays.

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