Le secteur immobilier marocain face au défi de transformer sa reprise commerciale en rentabilité boursière

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 20 lectures
Le secteur immobilier marocain face au défi de transformer sa reprise commerciale en rentabilité boursière

Le secteur immobilier coté à la Bourse de Casablanca affiche une dynamique commerciale retrouvée au premier semestre 2026, portée par le programme d'aide directe au logement et les grands chantiers nationaux. Toutefois, cette embellie opérationnelle se heurte à une certaine méfiance des marchés financiers, les investisseurs attendant des preuves tangibles de rentabilité avant de valider ce redressement.

Une activité commerciale en nette progression

Les principaux acteurs du secteur, Addoha, Alliances et Résidences Dar Saada, ont cumulé un chiffre d'affaires dépassant les 3 milliards de dirhams sur les six premiers mois de l'année, marquant une hausse de 8,5 % par rapport à 2025. Cette performance est largement soutenue par les dispositifs publics, notamment l'aide directe au logement qui comptabilisait plus de 105 000 bénéficiaires début juin, ainsi que par les programmes de relogement et les investissements liés aux préparatifs du Mondial 2030.

Des stratégies opérationnelles plus rigoureuses

Face aux leçons du passé, les promoteurs ont ajusté leur modèle économique. Les lancements de projets sont désormais conditionnés par une analyse fine de la demande réelle et du pouvoir d'achat, afin de limiter les stocks invendus. Cette approche prudente se double d'une diversification géographique, à l'instar d'Addoha qui réalise désormais 18 % de ses préventes en Afrique de l'Ouest. Parallèlement, Résidences Dar Saada a enregistré une croissance spectaculaire de ses préventes, dopée par des conventions institutionnelles majeures, notamment à Marrakech.

Le test décisif des résultats semestriels

Malgré ces indicateurs commerciaux au vert, l'indice sectoriel immobilier a reculé de 7,3 % depuis le début de l'année. Pour les analystes financiers, ce décalage s'explique par une sélectivité accrue des investisseurs, qui scrutent désormais la capacité des entreprises à convertir ces ventes en marges nettes et en flux de trésorerie. La publication des résultats semestriels, attendue fin septembre, sera déterminante : elle permettra de vérifier si la hausse du volume d'activité se traduit par une amélioration réelle de la rentabilité et une maîtrise efficace de l'endettement, dans un contexte où le coût des intrants reste un facteur de risque à surveiller.

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