Le marché de l'hébergement touristique au Ghana traverse une période de contrastes marqués, révélant une inadéquation entre la capacité d'accueil disponible et la réalité de la demande locale. Une analyse du Service statistique du Ghana (GSS) portant sur la période de novembre 2024 à février 2025 souligne que la simple augmentation du nombre de chambres ne garantit pas la rentabilité du secteur.
Des disparités géographiques marquées
Les données mettent en lumière une répartition inégale de l'activité touristique à travers le pays. Si la région de la Savannah a enregistré un taux d'occupation des chambres atteignant 63,7 % en janvier 2025, d'autres zones comme les régions de l'Est, du Bono Est et de la Volta peinent à dépasser les 28 % d'occupation. Parallèlement, le Grand Accra, qui concentre la plus grande capacité d'accueil du pays, affiche des taux d'occupation modérés, oscillant entre 41 % et 48 %. À l'inverse, les régions du Centre et de l'Ouest se distinguent par une utilisation constante de leurs capacités en lits, dépassant régulièrement les 70 %.
Le poids prépondérant du tourisme domestique
L'étude confirme que le dynamisme du secteur repose essentiellement sur les visiteurs locaux. Le nombre de clients nationaux varie entre 1,87 et 2,17 millions par mois, contre moins de 40 000 visiteurs étrangers. Toutefois, ces derniers jouent un rôle économique stratégique : avec une durée de séjour moyenne de trois à quatre nuits — contre environ deux nuits pour les résidents — les touristes internationaux génèrent des retombées plus importantes pour les services connexes tels que la restauration et le transport.
Défis de rentabilité et perspectives d'investissement
Sur le plan financier, le secteur a connu un fléchissement de ses indicateurs de performance, notamment le revenu par chambre disponible (RevPAR), qui est passé de 603 GH¢ en novembre 2024 à 490 GH¢ en janvier 2025, avant une légère remontée en février. Cette volatilité incite les autorités à repenser la planification touristique. Le GSS préconise désormais d'orienter les investissements futurs non plus sur le volume brut d'infrastructures, mais sur une meilleure adéquation entre l'offre existante et les besoins réels des destinations.
Vers une stratégie de destination ciblée
Pour optimiser l'exploitation des capacités hôtelières, le rapport suggère de privilégier le développement des infrastructures, l'organisation d'événements attractifs et l'amélioration de l'accessibilité. Ces leviers apparaissent comme essentiels pour transformer la capacité d'accueil en demande durable. Bien que ces données constituent une base de travail précieuse, le GSS rappelle qu'elles reflètent une tendance émergente sur quatre mois et nécessitent un suivi à long terme pour affiner les politiques publiques du secteur.