Le système de santé public de Kinshasa est confronté à une paralysie majeure depuis ce jeudi 15 octobre. L'Intersyndicale du secteur de la santé a lancé un mouvement de grève illimité, affectant directement la prise en charge des patients au sein d'établissements névralgiques comme l'Hôpital général de référence de Kinshasa.
Des revendications salariales et statutaires persistantes
Ce mouvement social fait suite à l'expiration d'un préavis de sept jours déposé auprès des autorités compétentes. Les professionnels de santé, incluant les infirmiers, dénoncent l'absence de réponses concrètes du gouvernement face à leurs doléances. Au cœur des revendications figurent la mécanisation au salaire de base, la promotion en grade et l'alignement effectif de la prime de risque professionnel. Les grévistes exigent également le respect des engagements pris en octobre 2023 concernant le réajustement barémique et le paiement des arriérés de primes.
Vers une réforme de la fonction publique hospitalière
Au-delà des questions de rémunération immédiate, les représentants syndicaux portent une vision structurelle pour le secteur. Ils réclament la réaffectation des agents en attente de poste et plaident pour l'instauration d'une fonction publique hospitalière dédiée. Cette demande vise à stabiliser le cadre de travail et à garantir une gestion plus rigoureuse des ressources humaines au sein des hôpitaux publics, souvent confrontés à des défis de gouvernance et de gestion des carrières.
Une prise en charge des patients sous tension
La cessation de travail, initiée devant le Secrétariat général à la Santé dans la commune de la Gombe, impacte déjà la continuité des soins. Les patients hospitalisés se retrouvent dans une situation de vulnérabilité accrue, les services étant fortement perturbés par l'absence d'une partie du personnel soignant. Alors que les syndicats attendent une ouverture de concertation avec le gouvernement, l'incertitude plane sur la durée de ce mouvement et sur les capacités de résilience des structures hospitalières face à cette interruption prolongée des activités médicales.