Les coupures d'électricité récurrentes au Ghana ne sont pas une fatalité technique, mais le résultat d'un manque de priorisation politique et budgétaire. Selon Kofi Bentil, vice-président du think tank IMANI Africa, le pays possède l'expertise et les solutions nécessaires pour stabiliser son réseau, à condition que les autorités engagent les ressources financières indispensables.
Une expertise technique nationale sous-exploitée
Pour Kofi Bentil, le diagnostic du système électrique ghanéen est parfaitement établi. Les failles techniques sont identifiées, les équipements nécessaires sont connus et les coûts de remise en état sont chiffrés. L'expert souligne que les ingénieurs ghanéens disposent des compétences requises pour moderniser le réseau et prévenir les pannes. Il insiste sur le fait que l'ingénierie électrique repose sur des principes scientifiques rigoureux qui ne laissent que peu de place à l'incertitude, rendant les solutions de réparation accessibles si la volonté politique est au rendez-vous.
Les risques critiques pour les services publics
L'instabilité du réseau électrique fait peser des menaces directes sur les services essentiels, notamment dans le secteur de la santé. L'exemple récent d'une coupure de courant survenue aux abords du centre hospitalier universitaire de Korle Bu illustre la gravité de la situation. Ces interruptions de service ne sont pas seulement des désagréments logistiques, mais des risques vitaux que l'État se doit de neutraliser par une maintenance préventive et une sécurisation des infrastructures critiques.
Réorienter les priorités budgétaires
Le débat sur l'énergie s'inscrit dans une volonté nationale de promouvoir une économie active 24 heures sur 24. Kofi Bentil appelle le gouvernement à réviser ses priorités de dépenses publiques. Plutôt que de financer des projets secondaires, l'exécutif est invité à concentrer ses moyens financiers sur la résorption des déficits infrastructurels du secteur énergétique. La fiabilité de l'approvisionnement électrique est présentée comme le socle indispensable à toute activité économique durable et au bon fonctionnement des services publics, rendant tout arbitrage budgétaire en défaveur de l'énergie particulièrement préjudiciable au développement du pays.