Le continent africain a connu une progression inédite de 4,2 millions de travailleurs domestiques entre 2019 et 2025, marquant la hausse la plus significative à l'échelle mondiale. Malgré cette expansion rapide, une étude récente de l'Organisation internationale du Travail (OIT) souligne une précarité persistante, avec plus de 93 % de ces travailleurs évoluant dans le secteur informel, privés de garanties juridiques et sociales essentielles.
Une croissance démographique et économique du secteur
Le rapport intitulé « L'état du travail domestique en 2025 » révèle que l'Afrique porte une part majeure de la dynamique mondiale du secteur. Alors que le nombre de travailleurs domestiques atteint 80 millions à travers le monde, la progression observée sur le continent reflète des besoins croissants en services de soins, de cuisine et d'entretien ménager. Cette main-d'œuvre, composée de personnes âgées de 15 ans et plus, joue un rôle crucial dans le fonctionnement quotidien des foyers, bien que son intégration dans le marché du travail formel reste un défi majeur.
Le poids de l'informalité et des inégalités salariales
La réalité du terrain demeure marquée par une vulnérabilité extrême. À l'échelle globale, les travailleurs domestiques perçoivent en moyenne seulement 53,3 % du salaire mensuel des autres catégories d'employés, un chiffre qui chute à 48,7 % pour ceux opérant dans l'informalité. En Afrique, cette absence de cadre formel prive la grande majorité des travailleurs de toute protection sociale effective, les exposant à des conditions de travail souvent dégradées et à une absence totale de recours en cas de litige ou de besoin de couverture santé.
Des conditions de travail sous haute tension
Au-delà des disparités salariales, la durée du travail constitue un enjeu de société majeur. Près de 35 % des travailleurs domestiques dans le monde effectuent au moins 49 heures hebdomadaires, et plus de 14 % dépassent les 60 heures. Face à ces constats, l'OIT appelle les États à renforcer l'application de la Convention n° 189 de 2011. L'organisation préconise des mesures concrètes : la mise en place de politiques de salaire minimum, une simplification de l'enregistrement des travailleurs et un investissement accru dans la reconnaissance des métiers du soin, essentiels pour répondre aux mutations démographiques et migratoires actuelles.