Le secteur du ciment au Ghana s'apprête à appliquer une surcharge de 12 GH¢ par sac pour pallier les pertes opérationnelles liées à la congestion critique du port de Tema. Cette mesure, présentée comme temporaire, vise à couvrir les frais d'immobilisation des navires transportant le clinker, une matière première essentielle dont les délais de déchargement ont explosé.
Une crise logistique aux coûts exorbitants
La situation au port de Tema est devenue un goulot d'étranglement majeur pour l'industrie. Alors qu'il fallait environ sept jours pour décharger le clinker en début d'année, ce délai atteint désormais 40 jours. Cette attente prolongée au mouillage, couplée à des tarifs journaliers de surestaries s'élevant à 27 000 dollars par navire, génère des pertes estimées entre 45 et 50 millions de dollars pour l'année en cours. Un seul navire immobilisé peut ainsi accumuler plus d'un million de dollars de pénalités avant même d'avoir déchargé sa cargaison.
Une surcharge transparente et révisable
Les industriels précisent que cet ajout de 12 GH¢ ne constitue pas une hausse de prix classique, mais une surcharge directe et temporaire. Distinctement identifiée sur les factures, elle fera l'objet d'une révision trimestrielle. L'objectif affiché par les fabricants est de pouvoir ajuster, voire supprimer totalement cette taxe additionnelle dès que les temps de passage portuaires reviendront à la normale, soulignant ainsi le caractère conjoncturel de cette décision.
L'urgence d'une réforme des infrastructures portuaires
Au-delà de l'impact financier immédiat, les acteurs du secteur alertent sur la fuite de devises étrangères que représentent ces frais de surestaries, versés aux armateurs internationaux au détriment de l'économie locale. Si des discussions sont en cours avec les ministères du Commerce et des Transports, les industriels préconisent des solutions techniques rapides, notamment l'optimisation de l'accès aux postes à quai 10 et 11. Pour les cimentiers, la résolution durable de ce problème logistique est la seule issue pour mettre fin à cette surcharge et sécuriser la chaîne d'approvisionnement nationale.