Le secteur des taxis-motos, communément appelés « Jakarta », est confronté à une crise de sécurité majeure au Sénégal. Les organisations professionnelles alertent sur une mortalité élevée au sein de la profession, poussant les acteurs du transport à réclamer une restructuration profonde et une formation obligatoire des conducteurs.
Une mortalité préoccupante sur les axes routiers
Le bilan humain lié à l'usage des motos-taxis est devenu une préoccupation centrale pour les syndicats du secteur. Selon Seydina Alioune Fall, président national des livreurs « Thiak-Thiak », environ 12 conducteurs perdent la vie chaque mois sur les routes sénégalaises. Ce chiffre, qui ne prend en compte que les cas déclarés, occulte une part importante d'accidents non répertoriés. Des drames récents, survenus notamment sur l'axe Kébémer–Ngaye Mékhé ou à Tambacounda, illustrent la vulnérabilité extrême de ces usagers face aux collisions avec des véhicules lourds.
L'indiscipline et le défi de la prévention
Au-delà de l'état des infrastructures, la Fédération nationale des taxis-motos pointe du doigt l'indiscipline de certains usagers, un phénomène qui s'accentue lors des grands rassemblements comme le Grand Magal. Pour tenter d'endiguer cette tendance, des campagnes de sensibilisation ont été déployées, utilisant les réseaux sociaux et les messageries instantanées pour diffuser des messages de prévention. Toutefois, ces initiatives ponctuelles peinent à compenser l'absence d'une culture de sécurité routière ancrée chez les nouveaux conducteurs.
Vers une professionnalisation du métier
Face à cette recrudescence des accidents, les représentants des conducteurs plaident pour une réforme structurelle du secteur. La proposition phare consiste à instaurer une formation obligatoire au code de la route et aux techniques de conduite préventive pour tout nouvel entrant. Seydina Alioune Fall a officiellement sollicité l'appui du président Bassirou Diomaye Faye afin de faciliter l'accès des jeunes conducteurs à des programmes de formation professionnelle. L'enjeu est double : il s'agit de réduire le taux de mortalité sur la voie publique tout en intégrant ces travailleurs informels dans un cadre réglementaire plus protecteur et mieux structuré.