Le Ghana Association of Savings and Loans Companies (GHASALC) affiche une performance financière exceptionnelle en 2025, avec une hausse de 89% de ses revenus totaux, mais prépare une refonte majeure de son modèle pour anticiper les réformes bancaires de 2027.
Une année 2025 marquée par une croissance sans précédent
L’association a enregistré un bond spectaculaire de ses revenus, passant de 972 207 GH¢ en 2024 à 1,84 million GH¢ en 2025, tandis que son excédent a presque triplé, atteignant 373 433 GH¢ contre 149 029 GH¢ l’année précédente. Ces résultats, salués par le président du conseil d’administration, le Dr Fred Safo-Kantanka, s’expliquent par une gouvernance renforcée et une gestion rigoureuse des comités de l’association. Les cotisations des membres ont également progressé, passant de 542 500 GH¢ à 807 500 GH¢, tandis que les autres revenus ont plus que doublé, atteignant 1,03 million GH¢.
Malgré ces chiffres encourageants, le Dr Safo-Kantanka a mis en garde contre toute complaisance : « Ces résultats sont encourageants, mais la performance financière doit toujours s’accompagner de discipline et de responsabilité. » Il a insisté sur la nécessité de gérer les ressources de manière prudente et de les orienter vers des programmes valorisant les membres et le secteur.
GHASALC se réinvente pour 2027 : un nouveau nom et une nouvelle mission
Le directeur général de GHASALC, Tweneboah Kodua Boakye, a révélé que l’association prépare une transformation profonde pour s’adapter aux mutations du secteur de la microfinance au Ghana. Les réformes de la Banque du Ghana, attendues pour 2027, imposent une restructuration du paysage financier, avec une consolidation des acteurs en catégories claires : banques de microfinance, banques communautaires, coopératives d’épargne et de crédit, et prestataires de services financiers de proximité.
Pour refléter cette nouvelle réalité, les membres de GHASALC ont décidé d’adopter un nouveau nom dès janvier 2027. Mais cette évolution ne se limite pas à un simple changement de dénomination. « Il s’agit de repositionner l’association pour en faire la voix, le hub de connaissances, la plateforme de plaidoyer et le partenaire stratégique du nouveau secteur », a-t-il précisé. Les priorités identifiées incluent la durabilité financière, un plaidoyer renforcé, la transformation numérique, le renforcement des capacités, une gouvernance améliorée et l’unité du secteur.
La Banque du Ghana rassure sur les réformes et promet un dialogue inclusif
Matilda Asante, deuxième vice-gouverneur de la Banque du Ghana, a confirmé que la banque centrale prend au sérieux les préoccupations des acteurs du secteur concernant les réformes. Ces dernières visent à clarifier les rôles de chaque catégorie d’institutions financières et à harmoniser les attentes réglementaires. « Les réformes répondent directement à cette nécessité en consolidant le secteur en catégories bien définies », a-t-elle expliqué.
Elle a également reconnu les inquiétudes soulevées par les délais et les modalités de transition, annonçant la création d’un comité technique pour travailler en étroite collaboration avec les parties prenantes. Une série de réglementations alignées, couvrant la gouvernance d’entreprise, la gestion des risques, les modèles économiques et les directives pour les prestataires de services de proximité, sera publiée pour consultation publique. « Nous avons besoin de vos contributions. En fait, vos retours sont indispensables », a-t-elle souligné, insistant sur l’importance d’un processus participatif pour garantir que les nouvelles règles reflètent les réalités du terrain.
Ces réformes, selon elle, devraient renforcer la clarté du secteur et, in fine, restaurer la confiance dans le système financier ghanéen.