Pour la troisième année consécutive, l'industrie automobile s'impose comme le premier moteur des exportations marocaines, totalisant 159,2 milliards de dirhams (MMDH) en 2025. Cette performance, bien qu'en léger retrait par rapport aux 159,6 MMDH enregistrés en 2024, souligne la résilience et la diversification croissante de l'écosystème industriel du pays.
Mutation interne de la filière automobile
La légère contraction des revenus globaux du secteur automobile masque des dynamiques contrastées au sein de ses différents segments. Si l'écosystème de la construction a subi un repli notable de 9,6 MMDH, soit une baisse de 13,5 %, cette tendance a été partiellement compensée par la montée en puissance d'autres branches. Le câblage a enregistré une progression de 9 % (+5 MMDH), tandis que la production d'intérieurs de véhicules et de sièges a connu une croissance de 11,5 %, soit un apport supplémentaire de 1,1 MMDH.
Performance des phosphates et de l'aéronautique
Au-delà de l'automobile, d'autres piliers de l'économie marocaine affichent une dynamique positive. Les phosphates et leurs dérivés occupent solidement la deuxième place avec 99,7 MMDH, marquant une progression de 14,5 %. Cette hausse est généralisée, touchant aussi bien les engrais naturels et chimiques que l'acide phosphorique. Parallèlement, le secteur aéronautique confirme son attractivité avec une croissance de 9,8 %, portée principalement par l'écosystème de l'assemblage qui a généré 1,9 MMDH de revenus additionnels.
Tendances contrastées dans l'industrie et l'agroalimentaire
Le tableau global des exportations, qui atteignent 470 MMDH en 2025, soit une hausse de 3 %, révèle des disparités sectorielles. Le secteur de l'agriculture et de l'agroalimentaire affiche une stabilité relative à 87,5 MMDH, où la croissance des ventes de produits agricoles et sylvicoles a permis d'amortir le recul de l'industrie alimentaire. À l'inverse, le textile et le cuir ont enregistré une baisse de 4,6 %, tandis que le secteur de l'électronique et de l'électricité a été pénalisé par une chute marquée des exportations de composants électroniques, notamment les transistors, qui ont reculé de 38,8 %.
Une structure d'exportation diversifiée
L'analyse des produits phares montre une répartition équilibrée des forces économiques du pays. Les engrais naturels et chimiques dominent désormais le classement des produits exportés avec une part de 15,6 %, suivis par les voitures de tourisme (12,6 %) et les équipements électriques tels que les fils et câbles (11,9 %). Cette structure témoigne d'une stratégie nationale visant à consolider les avantages comparatifs dans des secteurs à haute valeur ajoutée.