Le secteur agricole béninois a consolidé son rôle de moteur économique national en 2025, contribuant à hauteur de 25,4 % au produit intérieur brut et générant près de 60 % des recettes d'exportation du pays. Cette performance, confirmée lors de la revue annuelle de gestion à Cotonou, témoigne de l'efficacité des politiques publiques axées sur la mécanisation et le soutien direct aux exploitants.
Une stratégie de soutien public aux rendements
La trajectoire ascendante du secteur, qui affichait 24,2 % du PIB en 2024, est le résultat direct d'une politique volontariste de l'État. Pour protéger les agriculteurs de la volatilité des cours mondiaux, le gouvernement a massivement subventionné les intrants, notamment les engrais NPK et l'urée, avec une enveloppe de 31,8 milliards de FCFA pour la seule campagne 2026-2027. Ces mesures, couplées à un accès facilité aux semences certifiées, ont permis des gains de productivité notables, particulièrement dans les filières du riz, dont la production a bondi depuis 2020, et du maïs, qui atteint désormais 1,7 million de tonnes.
Performance régionale et gouvernance agricole
Sur le plan institutionnel, le Bénin se distingue par une gestion rigoureuse de ses engagements agricoles. Le pays se classe désormais premier au sein de la CEDEAO et cinquième à l'échelle continentale concernant l'application des engagements de Malabo. Cette dynamique est portée par un effort budgétaire soutenu, l'État ayant consacré 10,93 % de ses dépenses au secteur en 2025. Par ailleurs, les politiques de régulation foncière ont porté leurs fruits, avec une baisse significative de 42,8 % des conflits entre agriculteurs et éleveurs, favorisant une meilleure stabilité dans les zones rurales.
Défis logistiques et transformation locale
Malgré ces indicateurs positifs, les acteurs de la filière et les partenaires techniques soulignent des points de vigilance cruciaux pour la pérennité du secteur. L'efficacité de la chaîne d'approvisionnement en intrants et l'accès au financement pour les petits exploitants restent des enjeux majeurs. Les discussions actuelles mettent également en lumière l'urgence d'investir dans les infrastructures, notamment les pistes rurales et les capacités de stockage post-récolte. À terme, la capacité du Bénin à transformer localement ses matières premières et à renforcer sa résilience face au changement climatique déterminera la capacité du pays à maintenir cette croissance agricole sur le long terme.