Le scroll infini face à la régulation : l'inventeur de la technologie pointe la responsabilité des algorithmes

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 36 lectures
Le scroll infini face à la régulation : l'inventeur de la technologie pointe la responsabilité des algorithmes

Face à la montée des préoccupations sur l'addiction numérique des mineurs, l'Union européenne et la Californie envisagent de bannir le « scroll infini » des plateformes sociales. Si cette mesure technique est jugée efficace par son propre créateur, Hugh Williams, ce dernier estime qu'elle ne s'attaque qu'à un symptôme, occultant la puissance réelle des algorithmes de recommandation.

Une réponse législative aux enjeux de santé mentale

Le « scroll infini », qui permet une navigation fluide sans interruption par des clics, est aujourd'hui dans le viseur des législateurs. Le « Kids Act » de l'Union européenne et des initiatives similaires en Californie visent à restreindre cette fonctionnalité pour les moins de 18 ans et 16 ans respectivement. L'objectif est de briser la mécanique de consommation passive qui favorise une exposition prolongée aux contenus. Hugh Williams, qui a breveté ce concept pour Microsoft en 2006, reconnaît que ces interdictions auraient un impact direct sur le temps d'écran des jeunes, confirmant que la suppression de cette « friction » réduirait mécaniquement l'engagement.

La genèse technique d'une invention détournée

Loin de l'usage actuel sur les réseaux sociaux, le scroll infini a été conçu à une époque où les plateformes sociales étaient inexistantes. À l'origine, l'enjeu était purement utilitaire : améliorer l'expérience de recherche sur le web, alors que 70 % des utilisateurs ne dépassaient jamais la première page de résultats. En automatisant le chargement des contenus, l'invention visait à rendre l'information plus accessible. Williams revendique cette innovation comme une solution technique élégante à un problème de navigation, tout en constatant avec lucidité le glissement de son usage vers des dynamiques addictives.

L'algorithme, véritable moteur de l'addiction

Pour l'inventeur, cibler le scroll infini revient à traiter la forme plutôt que le fond. Il soutient que la capacité des plateformes à prédire et à cibler les centres d'intérêt des utilisateurs constitue le cœur du problème. Selon lui, c'est l'efficacité redoutable des algorithmes de recommandation qui maintient l'attention captive, le défilement automatique n'étant que le vecteur de cette captation. Cette analyse pose un défi majeur aux régulateurs : si l'interdiction du scroll infini est une mesure concrète, elle pourrait s'avérer insuffisante face à des systèmes de recommandation de plus en plus sophistiqués, capables de maintenir l'engagement des utilisateurs, quel que soit le mode de navigation adopté.

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