Le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens‑dentistes du Sénégal (SAMES) a décidé de prolonger son mouvement de grève pour trois jours supplémentaires, du 28 au 30 septembre 2026, afin de maintenir la pression sur le président Bassirou Diomaye Faye et d’obtenir des réponses concrètes aux revendications du secteur de santé.
Une mobilisation record évaluée à 99,64 %
Lors des deux premières journées de grève, les membres du SAMES ont affiché un taux de participation de 99,64 %, selon le Bureau Exécutif National (BEN). Cette quasi‑unanimité, présentée comme le signe d’une unité et d’une discipline sans faille, a été soulignée lors d’une session extraordinaire réunissant le BEN, le Comité Exécutif National (CEN), le Collectif des médecins, pharmaciens et chirurgiens‑dentistes en spécialisation du Sénégal (COMES) et l’Association des internes et anciens internes des hôpitaux du Sénégal (AIAIHS). Les dirigeants syndicaux y ont conclu que la mobilisation massive renforçait leur légitimité dans le dialogue avec les autorités.
Le gouvernement accusé d’inertie
Malgré les démarches entreprises auprès du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, le SAMES estime que l’État n’a manifesté aucune volonté réelle de répondre aux exigences formulées par les professionnels de santé. Le BEN a ainsi déclaré « avec gravité » que le blocage persistant justifiait le durcissement de la position syndicale. Cette perception d’inertie a conduit le syndicat à annoncer qu’il ne reculera pas tant que des avancées concrètes ne seront pas présentées.
Nouvelle phase de grève : 28‑30 septembre 2026
En accord avec le COMES et l’AIAIHS, le SAMES a planifié une nouvelle série de manifestations qui s’étendra sur l’ensemble du territoire national pendant trois jours. Le mouvement prévoit de perturber fortement le fonctionnement du système de santé, tout en maintenant les services d’urgence conformément aux directives du BEN. Cette décision vise à intensifier la pression sur le gouvernement et à placer le dossier de la santé au cœur de l’agenda politique du président Faye.
Implications politiques pour le président Bassirou Diomaye Faye
La prolongation de la grève place le secteur de la santé parmi les priorités sociales que l’exécutif devra adresser rapidement. Le président, confronté à une mobilisation quasi‑universelle des acteurs de santé, se trouve désormais dans l’obligation de négocier ou de proposer des mesures répondant aux revendications du SAMES, sous peine d’une escalade du conflit social et d’une détérioration de la prise en charge médicale pour la population sénégalaise.