Le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens dentistes du Sénégal (SAMES) a officialisé un mouvement de grève de 48 heures pour les 8 et 9 septembre 2026. Ce débrayage, qui fait suite à une impasse dans les négociations avec le ministère de la Santé, vise à dénoncer la précarité des conditions de travail et l'insuffisance des infrastructures sanitaires sur l'ensemble du territoire.
Un catalogue de revendications sociales et professionnelles
Le mouvement porté par le Dr Diabèle Dramé, secrétaire général du SAMES, cristallise plusieurs griefs accumulés. Les revendications portent sur le statut particulier du corps médical, la gestion des carrières, les indemnités et les pensions de retraite. Le syndicat exprime également une vive opposition à une note circulaire ministérielle datée du 19 août 2026, jugée défavorable aux professionnels. Par ailleurs, le SAMES exige la régularisation des primes de stage pour les médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes en cours de spécialisation, soulignant la précarité de ces praticiens en formation.
Au-delà du corporatisme, l'exigence d'un maillage sanitaire national
Le SAMES élargit son champ de contestation aux enjeux de santé publique. Le syndicat déplore le manque criant d'équipements lourds et d'infrastructures de proximité. Il réclame le déploiement d'établissements publics de santé de niveau 2 dans chaque département, ainsi que l'installation de scanners et d'IRM dans les régions. L'amélioration du parc d'ambulances et la mise en service de laboratoires fonctionnels sont présentées comme des conditions sine qua non pour garantir l'équité et la qualité des soins offerts aux populations sénégalaises.
Modalités de la mobilisation et perspectives de dialogue
La stratégie syndicale prévoit une montée en puissance progressive, débutant par des assemblées générales le 2 septembre, après une réunion du Comité exécutif national élargi. La grève des 8 et 9 septembre sera totale, bien que le SAMES s'engage à maintenir les urgences et le service minimum pour ne pas paralyser la prise en charge vitale des patients. Durant cette période, les membres du syndicat porteront un brassard rouge en signe de protestation. Si le Dr Diabèle Dramé affirme que la porte du dialogue reste ouverte, il précise que le syndicat attend désormais des actes concrets de la part des autorités pour éviter une escalade, une évaluation de la mobilisation étant prévue dès le 10 septembre.