Le président salvadorien Nayib Bukele a formellement démenti le transfert de la réserve stratégique de bitcoins du pays à un opérateur privé, en réponse aux inquiétudes suscitées par l'accord financier conclu avec le Fonds monétaire international (FMI). Cette mise au point intervient alors que le gouvernement s'est engagé à réformer sa politique monétaire en échange d'un prêt de 1,4 milliard de dollars, incluant l'abandon du statut de monnaie légale pour le bitcoin.
La distinction entre gestion opérationnelle et réserve stratégique
Au cœur de la controverse, le portefeuille Chivo, outil numérique de l'État, fait l'objet d'une restructuration majeure. Si le FMI a souligné que le contrôle opérationnel et la majorité du capital de ce portefeuille ont été cédés à un acteur privé, le président Bukele insiste sur une distinction fondamentale : seule la structure de gestion a été transférée. Les 7 765 bitcoins, dont la valeur dépasse les 671 millions de dollars, demeurent, selon le chef de l'État, sous la responsabilité du gouvernement salvadorien.
Les conditions du FMI pour le déblocage des fonds
L'accord de prêt, signé en décembre 2024, impose une transparence accrue sur les actifs numériques du pays. Le FMI a conditionné le déblocage d'une tranche de 140 millions de dollars à la garantie que les futurs achats de cryptomonnaies ne seront plus financés par des ressources publiques, mais exclusivement par des dons privés. L'institution financière internationale a d'ailleurs noté que la participation publique au portefeuille Chivo avait été largement démantelée, tout en exigeant des efforts continus pour renforcer la traçabilité des avoirs.
Un tournant après l'expérience du bitcoin monnaie légale
Cette séquence marque une étape décisive dans la politique économique du Salvador, qui avait fait figure de pionnier en septembre 2021 en adoptant le bitcoin comme monnaie légale aux côtés du dollar américain. En janvier 2025, le pays a officiellement retiré ce statut à la cryptomonnaie, cédant ainsi à une pression de longue date du FMI. Alors que le conseil d'administration de l'institution doit encore valider formellement le versement des 140 millions de dollars, le gouvernement salvadorien cherche à rassurer sur la pérennité de ses réserves tout en se conformant aux exigences de rigueur budgétaire imposées par ses créanciers.