Le Rwanda s'apprête à basculer d'une période de sécheresse marquée à une saison des pluies particulièrement intense. Les prévisions météorologiques annoncent des précipitations exceptionnelles entre septembre et décembre, rappelant les épisodes climatiques de 1997 et 2023.
Un basculement climatique soudain
Depuis le mois de mai, le pays a traversé une période de chaleur inhabituelle et de sécheresse prolongée, qui a mis sous tension les ressources en eau et l'agriculture. L'absence des pluies coutumières de la mi-août a aggravé la situation, augmentant les risques d'incendies de forêt, notamment dans le nord du pays. Selon l'agence nationale de météorologie, Meteo Rwanda, cette tendance s'apprête à s'inverser radicalement avec l'arrivée de la saison Umuhindo, prévue entre le 22 et le 29 septembre.
Des précipitations aux niveaux historiques
Les autorités prévoient des cumuls de pluie oscillant entre 300 et 1 000 millimètres sur l'ensemble du territoire. Ces volumes, qui dépassent les moyennes historiques, sont comparables aux épisodes de 1997 et 2023. Les zones les plus exposées, notamment les districts de Nyamasheke, Rutsiro et Karongi, pourraient recevoir jusqu'à 1 000 mm de précipitations. Cette accumulation rapide d'eau représente un défi logistique et sécuritaire majeur pour un pays au relief escarpé et densément peuplé.
Le spectre des catastrophes de 2023
La mémoire des inondations et glissements de terrain de mai 2023 reste vive. À cette période, des pluies torrentielles avaient causé la mort de 137 personnes et détruit plus de 5 400 habitations, entraînant des dommages estimés à 222,3 milliards de francs rwandais. Le gouvernement avait alors souligné que la reconstruction totale nécessiterait un investissement dépassant les 518 milliards de francs rwandais. La vulnérabilité des infrastructures, des écoles et des terres agricoles face à de tels volumes d'eau demeure une préoccupation centrale pour les autorités.
Préparation et gestion des risques
Face à ces prévisions, Meteo Rwanda exhorte les agriculteurs et les autorités locales à anticiper les risques d'érosion et d'inondations. Le directeur général de l'agence, Gahigi Aimable, insiste sur l'importance de finaliser les travaux de drainage et les mesures de protection des sols avant la fin du mois de septembre. Si ces pluies sont essentielles pour la reprise des activités agricoles après la sécheresse, leur intensité impose une vigilance accrue pour protéger les populations et les infrastructures contre les risques de catastrophes naturelles.