La Formule 1 s'apprête à faire son retour sur le sol africain après plus de trente ans d'absence grâce à un accord de dix ans conclu avec le Rwanda. Ce projet d'envergure, soutenu par les autorités rwandaises, vise à positionner le pays comme une destination majeure du sport automobile mondial dès le début des années 2030.
Un circuit à bâtir à Bugesera
La concrétisation de cet événement repose sur la construction d'un circuit aux normes de grade 1 de la Fédération internationale de l'automobile. Situé à Bugesera, à une quarantaine de kilomètres de Kigali, le tracé de six kilomètres et 17 virages sera conçu par l'ancien pilote Alex Wurz et le concepteur Carsten Tilke. Cette infrastructure, dont la réalisation est étroitement liée au développement du nouvel aéroport international voisin, est pensée pour accueillir des compétitions variées au-delà des week-ends de Grand Prix.
Les ambitions économiques de Kigali
Pour le président Paul Kagame, cet investissement s'inscrit dans une stratégie de développement national plus large. Le gouvernement rwandais mise sur ce partenariat, porté par la marque Visit Rwanda, pour stimuler le secteur touristique, favoriser l'émergence de compétences locales et dynamiser le tissu entrepreneurial. L'objectif affiché est de transformer cet accueil en un levier de croissance économique durable pour le pays.
Controverses sur l'usage politique du sport
L'annonce de ce Grand Prix d'Afrique n'est pas exempte de critiques. Amnesty International a rapidement réagi, qualifiant cette opération de stratégie visant à polir l'image internationale du Rwanda. L'organisation pointe du doigt une volonté des autorités de détourner l'attention de leur bilan en matière de droits humains par le biais de grands événements sportifs. De son côté, la direction de la Formule 1 défend son choix en affirmant que le sport peut agir comme une force positive, permettant notamment de renforcer le lien avec les passionnés de la discipline sur tout le continent.