À l'approche de plusieurs sommets internationaux majeurs, dont la 38e réunion des parties au Protocole de Montréal (MOP38) qu'il accueillera en novembre, le Rwanda cherche à fédérer les nations africaines autour d'une déclaration commune. L'objectif est de dépasser les simples engagements diplomatiques pour se concentrer sur des solutions opérationnelles face à l'urgence climatique.
Une stratégie axée sur l'adaptation et la résilience
Pour la ministre de l'Environnement, Bernadette Arakwiye, le temps des déclarations sans lendemain doit laisser place à une mise en œuvre rigoureuse. Le pays, particulièrement exposé aux inondations et glissements de terrain, place l'adaptation au cœur de ses priorités. En 2023, le Rwanda a dû mobiliser environ 400 millions de dollars pour répondre aux catastrophes naturelles, illustrant le coût exorbitant de l'inaction. Le gouvernement entend désormais promouvoir des interventions qui renforcent la résilience des communautés vulnérables tout en intégrant davantage la jeunesse dans les processus de négociation internationale.
Le défi du financement à l'horizon 2035
La mise en œuvre de la contribution déterminée au niveau national (NDC 3.0) du Rwanda nécessite un investissement total de 12 milliards de dollars d'ici 2035, dont 7 milliards dédiés exclusivement à l'adaptation. Si 5 milliards ont déjà été mobilisés, le Rwanda Green Fund explore de nouveaux leviers pour combler le déficit restant. Au-delà de l'aide publique au développement traditionnelle, le pays mise sur une diversification des instruments financiers, incluant les investisseurs domestiques et l'émission d'obligations, pour sécuriser les ressources nécessaires à ses objectifs climatiques.
Structurer les marchés carbone pour valoriser le continent
Le Rwanda ambitionne également de redéfinir la place de l'Afrique dans les marchés carbone lors du prochain sommet dédié à Kigali. L'enjeu est de transformer le continent, souvent perçu comme un simple fournisseur de crédits, en un acteur capable de générer une valeur ajoutée réelle. L'Autorité rwandaise de gestion de l'environnement (REMA) a mis en place une unité spécialisée pour garantir la crédibilité des projets et assurer un suivi rigoureux des transactions. Selon Juliet Kabera, directrice générale de la REMA, la mise en place de cadres réglementaires solides est la condition sine qua non pour attirer et conserver les revenus issus de ces marchés sur le continent.