En marge de la 81e Assemblée générale des Nations Unies, le Rwanda a partagé son expérience de gestion de l'épidémie de Marburg pour promouvoir une nouvelle approche de la sécurité sanitaire mondiale. Le pays insiste sur la nécessité de transformer la préparation aux pandémies en un investissement structurel continu plutôt qu'en une réponse d'urgence ponctuelle.
L'efficacité des systèmes de santé polyvalents
Le Premier ministre rwandais, le Dr Justin Nsengiyumva, a souligné que la maîtrise rapide de l'épidémie de Marburg en 2024 n'a pas été le fruit d'un dispositif spécialisé créé pour l'occasion, mais le résultat d'un système de santé robuste déjà en place. Grâce à un réseau préexistant d'agents de santé communautaires, de laboratoires et de structures hospitalières, plus de 9,5 millions de personnes ont pu être dépistées en trois mois. Cette capacité à réorienter des ressources quotidiennes vers une menace inédite démontre, selon le gouvernement rwandais, que la préparation repose sur la force ordinaire du système de santé.
Le levier financier du Pandemic Fund
Le modèle promu par le Rwanda s'aligne sur la stratégie du Pandemic Fund, un mécanisme multilatéral créé après la crise du COVID-19. Avec 1,4 milliard de dollars déjà alloués à 128 pays, ce fonds vise à catalyser des investissements nationaux et internationaux bien plus vastes. Priya Basu, directrice exécutive du fonds, insiste sur le fait que les subventions ne doivent pas être des solutions de secours, mais des catalyseurs permettant de débloquer des financements durables. Au Rwanda, ce soutien permet notamment la création d'un laboratoire national de référence vétérinaire, essentiel pour détecter précocement les maladies zoonotiques et réduire la dépendance aux tests à l'étranger.
Intégrer la préparation dans les budgets nationaux
Au-delà de l'aspect médical, les décideurs présents à New York, dont les représentants de la Banque mondiale, ont rappelé qu'une pandémie constitue une crise de développement capable d'annuler des années de progrès économique. Le défi actuel consiste à transformer les engagements politiques en actions budgétaires concrètes. Pour le Rwanda, cela implique d'intégrer la préparation aux pandémies dans la planification nationale courante. L'enjeu est de taille : alors que la nature et l'origine de la prochaine menace restent imprévisibles, la solidité des systèmes de santé nationaux demeure la seule variable que les États peuvent anticiper et renforcer dès aujourd'hui.