Le Royaume-Uni a officiellement adhéré à l'initiative lancée par la France et le Mexique pour restreindre l'usage du veto au Conseil de sécurité de l'ONU lorsqu'il s'agit de génocide ou de crimes contre l'humanité. Cette adhésion fait du Royaume-Uni le deuxième membre permanent à soutenir le texte, après la France, et rapproche le projet du seuil requis pour une adoption à deux tiers des États membres.
Le texte de l'initiative franco‑mexicaine
L'initiative, présentée pour la première fois en 2015, propose que les cinq membres permanents du Conseil – Chine, France, Russie, Royaume-Uni et États‑Unis – s'engagent volontairement à ne pas exercer leur droit de veto dans les résolutions portant sur des crimes de masse, notamment le génocide, les crimes contre l'humanité et d'autres violations graves du droit humanitaire international. Le texte insiste sur le fait que le veto, même exercé par un seul des cinq, bloque toute adoption, même si la majorité des membres soutient la résolution.
Un soutien mondial en progression
À ce jour, 128 pays ont exprimé leur appui à l'initiative, dont 20 ont rejoint le soutien du Royaume-Uni au cours de l'année en cours. Le Royaume-Uni devient ainsi le deuxième membre permanent à soutenir le projet, après la France qui l'avait déjà signé. Avec l'adhésion britannique, le texte n'est plus qu'à un État d'atteindre le seuil des deux tiers des membres de l'ONU, condition requise pour que la proposition soit mise au vote lors d'une future assemblée générale.
Implications et limites du texte
Bien que l'initiative ne crée pas d'obligation juridique contraignante, elle vise à rendre politiquement plus coûteux le recours au veto en situation d'urgence humanitaire. Les partisans espèrent que la pression diplomatique incitera les membres permanents à renoncer à l'usage du veto lorsqu'il s'agit de prévenir ou de répondre à des atrocités massives. Toutefois, même avec un vote à deux tiers, la résolution resterait non contraignante, dépendant de la bonne volonté des cinq puissances pour être appliquée.
Réactions des autres membres permanents
Les positions de la Chine, de la Russie et des États‑Unis n'ont pas été précisées dans les déclarations officielles, laissant entendre qu'aucun de ces trois pays n'a encore exprimé de soutien à la proposition. Leur éventuelle adhésion ou opposition déterminera la viabilité réelle du projet, compte tenu de leur capacité à bloquer toute résolution grâce au droit de veto.