Le Royaume-Uni s’apprête à relancer le projet gazier controversé Jackdaw en mer du Nord

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 31 lectures
Le Royaume-Uni s’apprête à relancer le projet gazier controversé Jackdaw en mer du Nord

Le gouvernement britannique pourrait donner son feu vert au projet gazier Jackdaw d’ici mi-septembre, malgré les contestations judiciaires et les alertes climatiques. Ce champ, situé en mer du Nord, cristallise les tensions entre impératifs énergétiques et objectifs de décarbonation.

Un projet retardé par la justice écossaise

Approuvé en 2022 par le gouvernement conservateur, le projet Jackdaw avait été suspendu après une décision de la Cour de session d’Édimbourg. Les associations environnementales avaient obtenu gain de cause, estimant que l’autorisation initiale ne prenait pas suffisamment en compte l’impact climatique de l’exploitation du gaz. Une nouvelle évaluation, publiée en juillet, a permis de relancer le processus, ouvrant la voie à une approbation imminente.

Gaz domestique ou illusion énergétique ?

Opéré par Adura, une coentreprise entre Shell et Equinor, Jackdaw pourrait couvrir jusqu’à 6 % de la demande britannique en gaz à son pic de production, selon son exploitant. Les ONG, elles, contestent ce chiffre, évoquant plutôt 2 %. Le projet, dont la construction est déjà « à 99 % achevée », pourrait commencer à livrer du gaz dès cet hiver si l’autorisation est accordée. Pourtant, le Royaume-Uni importe plus de 60 % de son gaz, principalement de Norvège et des États-Unis, où les prix ont atteint des sommets cette année en raison des tensions géopolitiques.

Un choix aux conséquences climatiques lourdes

Adura table sur des émissions de 23,6 à 35,8 millions de tonnes de CO₂ sur la durée de vie du projet, soit l’équivalent de 60 à 90 % des émissions annuelles de l’Écosse en 2023. Les défenseurs du projet, dont le Premier ministre Andy Burnham, soulignent son rôle dans la sécurité énergétique et la préservation des emplois locaux. Ils mettent en avant la nécessité de prolonger la durée de vie d’infrastructures comme Shearwater, un hub offshore clé pour le traitement des hydrocarbures. À l’inverse, les opposants, comme l’ONG Uplift, jugent le projet « inutile » : selon eux, le gaz extrait ne réduira ni les factures des ménages ni la dépendance aux importations, tout en aggravant la crise climatique.

La décision finale entre enjeux politiques et scientifiques

Le sort de Jackdaw, comme celui du champ pétrolier voisin Rosebank, repose désormais entre les mains de la secrétaire d’État à l’Énergie, Miatta Fahnbulleh. Une consultation publique s’est achevée en août, mais aucune date n’a été communiquée pour l’annonce. Le gouvernement insiste sur la nécessité d’une « approche pragmatique », reconnaissant que les énergies fossiles resteront indispensables pendant encore des années. Le ministère de l’Énergie a rappelé que toute décision intégrerait les évaluations environnementales et les retours du public, tout en réaffirmant le rôle « vital » de la mer du Nord dans le mix énergétique britannique.

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