Le Royaume-Uni a annoncé un renforcement significatif de son appui financier à la lutte contre l'épidémie d'Ebola qui frappe la République démocratique du Congo (RDC) et l'Ouganda. Avec une enveloppe totale portée à 78,7 millions de livres sterling, ce financement vise à soutenir la coordination régionale et à renforcer les capacités opérationnelles sur le terrain face à une crise sanitaire persistante.
Un déploiement stratégique des fonds britanniques
Ce soutien financier additionnel, officialisé lors d'une rencontre à Addis-Abeba entre Jean Kaseya, directeur général de l'Africa CDC, et Kirsty McNeill, ministre britannique du Développement international, vient compléter une première allocation de 26,9 millions de livres. Ces ressources sont destinées à muscler plusieurs piliers critiques de la riposte : la surveillance épidémiologique, les capacités des laboratoires, la prévention des infections, ainsi que la gestion des cas. Une attention particulière est portée à la préparation transfrontalière, essentielle pour limiter la propagation du virus entre la RDC et ses voisins.
Une situation épidémiologique préoccupante
L'épidémie, causée par la souche Bundibugyo, a été officiellement déclarée en RDC le 15 mai dernier après l'identification de cas suspects dans la zone de santé de Mongbwalu, en province de l'Ituri. Depuis, le virus s'est propagé à six provinces et 60 zones de santé. Selon les données de l'OMS Afrique arrêtées au 6 septembre, le bilan s'établit à 6 686 cas confirmés et 3 226 décès. La situation a conduit l'Organisation mondiale de la santé à classer cet événement comme une urgence de santé publique de portée internationale.
Le défi critique des ressources humaines
Au-delà du financement, la réponse sanitaire se heurte à un besoin urgent de main-d'œuvre qualifiée. L'OMS estime qu'environ 5 000 agents de santé supplémentaires sont nécessaires pour renforcer les centres de traitement en RDC. Actuellement, près de 4 000 professionnels sont déjà mobilisés, mais la capacité d'accueil reste sous tension : avec 1 400 lits disponibles dans 59 centres, le système nécessite 1 600 lits additionnels pour répondre à la demande projetée. Cette pénurie de personnel et d'infrastructures constitue un point de vigilance majeur pour les autorités sanitaires africaines et leurs partenaires internationaux dans les semaines à venir.