Environ 650 détenus seront libérés avant la fin de leur peine ce mardi, marquant la deuxième vague d'un plan gouvernemental visant à réduire la surpopulation carcérale. Cette mesure s’accompagne d’une réforme des tribunaux pénaux qui suscite de vives réactions parmi les agents de probation.
Une libération accélérée pour les détenus de courte durée
Le nouveau dispositif autorise la sortie anticipée des personnes incarcérées depuis un tiers de leur peine, contre la moitié auparavant. La première vague, le 1er octobre, avait concerné 700 détenus purgeant des peines inférieures à 19 mois. La deuxième phase cible désormais les condamnés à jusqu’à deux ans et demi, avec l’objectif d’étendre progressivement le critère jusqu’aux détenus purgeant plus de douze ans d’ici juin prochain.
Surveillance renforcée et tensions au sein du service de probation
Les libérés seront soumis à un suivi électronique et à d’autres conditions de contrôle pendant les deux tiers restants de leur peine. Le syndicat des agents de probation, Napo, signale que cette afflux de nouveaux surveillés met sous pression ses membres, déjà confrontés à des réductions budgétaires depuis 2010. Une négociation salariale est en cours : le ministère de la Justice propose une hausse de 5 % contre une demande de 12 %, tandis qu’un investissement de 700 millions de livres est destiné à recruter 1 300 nouveaux agents et à déployer des outils d’intelligence artificielle pour alléger la charge de travail.
Réforme des cours pénales : entre concessions et ambitions
Parallèlement aux libérations, le gouvernement ramène au Parlement son projet de refonte des tribunaux pénaux, après avoir abandonné la proposition la plus polémique – un tribunal de la Couronne jugé sans jury pour les affaires pouvant entraîner jusqu’à trois ans d’emprisonnement. Les procès avec jury seront toutefois supprimés pour les fraudes complexes et longues, et 5 500 affaires seront maintenues en justice de proximité en supprimant le droit à un jury.
Des « blitz courts » et la modernisation numérique des audiences
Le plan mise sur l’extension des « blitz courts », des tribunaux à procédure accélérée qui regroupent des dossiers similaires pour réduire les arriérés. Un pilote à la Old Bailey a déjà permis de réduire de moitié le nombre de 500 dossiers d’agressions contre les secours pendant l’été. Le rapport du juge d’appel Sir Brian Leveson, qui préconisait davantage d’audiences virtuelles, a été largement adopté : plus de 150 recommandations sur 180 ont été acceptées, dont l’expérimentation de comparutions directes depuis les cellules de police. En revanche, la proposition de limiter les magistrats volontaires à une peine maximale de 12 mois a été rejetée, les autorités souhaitant leur donner le pouvoir d’incarcérer jusqu’à deux ans afin de désengorger la Couronne.