Le Premier ministre britannique Andy Burnham, lors de son discours à l’Assemblée générale des Nations unies, a présenté un nouveau dispositif national destiné à contrer la désinformation d’origine étatique, notamment russe, tout en positionnant le Royaume-Uni comme acteur clé dans l’élaboration de standards mondiaux de sécurité pour l’intelligence artificielle.
Création du National Centre for Information Defence
Burnham a annoncé la mise en place du National Centre for Information Defence, un hub qui rassemblera les services de renseignement, les ministères, les forces de l’ordre et les plateformes sociales afin de détecter et neutraliser les campagnes de désinformation alimentées par l’IA. Le centre devra notamment identifier les bots, les sites factices et les contenus falsifiés qui visent à manipuler l’opinion publique britannique et internationale.
Les accusations de Moscou et l’ampleur du budget de désinformation
Le Premier ministre a rappelé que le Kremlin consacrerait chaque année environ 1,3 milliard de livres sterling à la manipulation de l’information. Selon lui, les agents russes utilisent des bots, des sites web factices, des articles de presse truqués et usurpent l’identité de 28 organisations britanniques, dont des universités et la BBC, pour diffuser de fausses narratives, attiser les divisions et semer le découragement au sein des communautés. Burnham a également souligné que ces opérations s’accompagnent de cyber‑attaques contre des entreprises et institutions britanniques, et que l’IA risque d’amplifier ces menaces.
Le rôle du Royaume-Uni dans l’élaboration de standards mondiaux pour l’IA
Profondément conscient des risques liés à l’« IA de pointe » (Frontier AI), Burnham a présenté le pays comme un « courtier honnête » capable de rassembler les États‑Unis, l’Union européenne et d’autres partenaires autour d’un cadre de sécurité partagé. Il a rappelé l’existence de l’AI Security Institute, créé sous le gouvernement précédent, qui teste volontairement les modèles d’IA avant leur mise sur le marché. Le Premier ministre a promis d’inscrire l’IA au cœur de la présidence du G20 du Royaume-Uni en 2025, et de travailler à l’adoption de principes globaux garantissant la transparence, le contrôle humain et des tests obligatoires avant le déploiement de modèles avancés.
Défis et réactions internationales
Si plus de vingt pays, dont l’Allemagne, le Canada et l’Irlande, soutiennent déjà la déclaration appelant à un contrôle humain et à des tests pré‑déploiement, les deux plus grands acteurs du secteur – les États‑Unis et la Chine – n’ont pas encore signé, ni même le Royaume-Uni. Le président américain, présent lors du même débat, a rejeté toute forme de « schéma globaliste » pour réguler l’IA. Au niveau national, les partis libéraux et verts pressent le gouvernement britannique d’adopter une législation plus contraignante, tandis que certaines entreprises, comme Anthropic, refusent encore de soumettre leurs modèles aux tests volontaires. Le partenariat annoncé entre le Royaume-Uni et les États‑Unis sur l’IA et l’autonomie, destiné à protéger les infrastructures critiques, montre toutefois une volonté de coopération bilatérale malgré les divergences sur la gouvernance mondiale.