Le gouvernement britannique accélère la mise en place d’équipes policières spécialisées dans les violences sexuelles et le harcèlement, avec un déploiement complet d’ici fin 2027. Cette mesure s’inscrit dans une stratégie renforcée pour lutter contre les violences envers les femmes et les filles, incluant un financement supplémentaire pour les forces de l’ordre.
Un déploiement anticipé de 18 mois pour des équipes dédiées
Initialement prévu pour l’été 2029, le déploiement d’enquêteurs spécialisés dans les affaires de viol et d’agressions sexuelles est désormais avancé à fin 2027. Cette décision, annoncée par le Premier ministre Andy Burnham, vise à répondre à l’urgence de la situation, qualifiée de « scandale national » par la ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood en décembre dernier. Le gouvernement justifie cette accélération par la nécessité de « se concentrer sans relâche » sur ces crimes, souvent mal traités en raison d’une approche « trop aléatoire » selon les forces de l’ordre.
Un budget de 13,3 millions de livres pour renforcer les mesures de protection
Dix forces de police en Angleterre et au Pays de Galles bénéficieront d’une enveloppe de 13,3 millions de livres sterling pour renforcer les équipes gérant les ordonnances de protection. Ces dispositifs, incluant le bracelet électronique, les zones d’exclusion et d’autres restrictions, sont jugés sous-utilisés et mal appliqués. La ministre de la Protection sociale, Satvir Kaur, souligne que ces mesures s’ajoutent à une stratégie globale pour « poursuivre sans relâche les auteurs et permettre aux victimes de vivre sans crainte ».
Des associations sceptiques sur l’ampleur des mesures
Si l’association Refuge salue l’initiative, elle estime que ces annonces ne représentent « qu’une petite partie de ce qui est nécessaire » pour garantir un soutien efficace aux victimes. Ellie Butt, responsable des affaires publiques de l’organisation, met en garde : « Les survivantes hésitent souvent à porter plainte par crainte de ne pas être crues. Pour que les ordonnances de protection soient réellement utilisées, il faut restaurer la confiance dans la police et s’assurer que les violences ne restent pas impunies. » La commissaire aux violences domestiques, Nicole Jacobs, va plus loin en critiquant l’exclusion partielle des auteurs de violences domestiques du régime de libération anticipée, jugée « dangereuse pour les victimes » et « inacceptable » dans son principe.
Un contexte marqué par des tensions sur la gestion carcérale
Cette annonce intervient alors que le gouvernement fait face à des pressions sur son système de libération anticipée, conçu pour désengorger les prisons. Le ministre de la Justice Alex Norris doit présenter les conclusions d’un audit sur ce dispositif la semaine prochaine, après une suspension temporaire en été et un durcissement des critères pour les condamnés pour viol, agressions sexuelles sur mineurs ou grooming. Une décision qui, selon Jacobs, ne va pas assez loin pour protéger les victimes.