Les récentes sorties publiques du juge en chef du Ghana, Paul Baffoe-Bonnie, suscitent une controverse sur les limites de la neutralité judiciaire. Alors que ses visites dans des organismes d'État sont critiquées, Hamza Suhuyini, membre de l'équipe de communication du Congrès national démocratique (NDC), soutient que ces interactions sont essentielles au bon fonctionnement des institutions.
Une mission de collaboration institutionnelle
Pour Hamza Suhuyini, les déplacements du juge en chef, notamment sa visite récente au Fonds d'investissement des revenus miniers (MIIF), ne doivent pas être interprétés comme un engagement politique. Il souligne que le magistrat a pour responsabilité inhérente de bâtir des relations de travail avec les entités publiques. Selon lui, ces échanges permettent au chef de la magistrature de mieux appréhender la psychologie opérationnelle des institutions qu'il est amené à côtoyer, une démarche qu'il juge cohérente avec ses fonctions de leadership au-delà du cadre strict des tribunaux.
La question de la neutralité face aux critiques
Face aux accusations de partialité, M. Suhuyini met au défi les détracteurs du juge en chef d'identifier une quelconque violation légale ou éthique dans sa conduite. Il soutient que le fait d'exprimer une opinion sur l'état de la gouvernance ou la performance institutionnelle ne compromet pas, par nature, l'impartialité judiciaire. Il rappelle que des mécanismes de contrôle existent si ses déclarations publiques venaient à influencer indûment ses décisions juridiques.
Le paradoxe des positions partisanes
Le débat prend une tournure politique avec les accusations d'incohérence portées contre le Nouveau Parti patriotique (NPP). Hamza Suhuyini dénonce une forme d'hypocrisie de la part de cette formation politique, rappelant que ses membres avaient précédemment salué les prises de position du juge en chef sur la lutte contre l'exploitation minière illégale (galamsey). Il souligne que le NPP n'avait alors émis aucune réserve sur les obligations éthiques du magistrat lorsque ses propos servaient leurs intérêts politiques.
Le contexte économique comme point de repère
Enfin, M. Suhuyini défend la substance des observations du juge en chef sur le développement des entreprises d'État. En évoquant les difficultés économiques passées du pays, telles que l'exclusion des marchés financiers internationaux, le programme d'échange de dettes intérieures et les pertes essuyées par des entités comme la raffinerie de Tema (TOR), il suggère que les commentaires du magistrat reflètent une réalité économique objective plutôt qu'une comparaison partisane entre administrations. Pour lui, le juge en chef souligne simplement une tendance encourageante de la performance actuelle des institutions publiques par rapport à leur état antérieur.