Le roi Salman d'Arabie saoudite a rompu avec sa réserve habituelle pour qualifier le mouvement houthi de « milice terroriste », suite à des tentatives répétées de frappes visant la ville sainte de La Mecque. Cette intervention directe du monarque souligne l'urgence de la situation sécuritaire dans le Royaume, alors que les attaques par drones et missiles se multiplient contre des infrastructures stratégiques saoudiennes.
Une condamnation royale rare
Lors d'un conseil des ministres, le roi Salman a fermement dénoncé les agressions attribuées aux Houthis, les qualifiant de « crime odieux » et de provocation envers l'ensemble du monde musulman. Cette déclaration intervient après l'interception, la semaine dernière, d'un drone dirigé vers La Mecque, une première en près de dix ans. Si les autorités saoudiennes saluent la vigilance de leurs forces de défense, le mouvement houthi, par la voix de son leader Abdel-Malik al-Houthi, rejette catégoriquement ces accusations, les qualifiant de mensonges.
Menaces sur les infrastructures et le commerce
Au-delà de la dimension symbolique des sites religieux, l'escalade militaire touche directement la stabilité économique du pays. Des missiles ont été interceptés près de la capitale, Riyad, notamment à proximité d'un dépôt de carburant de l'aéroport international King Khalid. L'extension du contrôle houthi sur la côte yéménite de la mer Rouge fragilise les routes d'exportation pétrolière saoudiennes, devenues cruciales dans un contexte de blocage du détroit d'Ormuz, exacerbant ainsi les risques pour l'approvisionnement énergétique mondial.
Diplomatie et pactes de défense
Face à cette déstabilisation, Riyad intensifie ses consultations diplomatiques. Le roi Salman a évoqué les échanges récents du prince héritier Mohammed ben Salman avec le président égyptien Abdel Fattah el-Sisi, ainsi que ses propres discussions avec le président français Emmanuel Macron, centrées sur la liberté de navigation maritime et la stabilité régionale. Parallèlement, l'Arabie saoudite mise sur une stratégie de défense collective : le récent accord de défense « Mecca Joint Defence Agreement », signé avec la Turquie et le Pakistan, stipule qu'une attaque armée contre l'un des trois pays sera désormais considérée comme une agression contre l'ensemble du bloc.