À l'ouverture du sommet des chefs de gouvernement du Commonwealth (CHOGM) à Antigua-et-Barbuda, le roi Charles III a qualifié la traite transatlantique des esclaves de « chapitre honteux » de l'histoire. Tout en exprimant sa profonde tristesse face à ce passé, le souverain a appelé les 56 nations membres à dépasser la simple reconnaissance des torts pour bâtir des partenariats économiques et climatiques concrets.
Une reconnaissance historique face aux enjeux contemporains
Le discours du monarque intervient dans un contexte diplomatique marqué par la résolution A/RES/80/250/A/80/L.48 des Nations unies, adoptée le 25 mars 2026. Ce texte, porté par le président ghanéen John Dramani Mahama avec le soutien de l'Union africaine et de la CARICOM, qualifie officiellement la traite transatlantique et l'esclavage de « crime le plus grave contre l'humanité ». Le roi Charles III a souligné que si l'histoire ne peut être réécrite, elle doit servir de levier pour engager une coopération moderne visant à corriger les inégalités persistantes.
Priorité à la résilience climatique des petits États
Le sommet, placé sous le thème « Accélérer les partenariats et l'investissement pour un Commonwealth prospère », met en lumière la vulnérabilité des États insulaires. Le roi a insisté sur le fait que les pays ayant le moins contribué au changement climatique en subissent aujourd'hui les conséquences les plus lourdes. Il a plaidé pour une mobilisation accrue des financements privés et publics afin de soutenir des infrastructures résilientes, la transition vers les énergies renouvelables et la protection des écosystèmes naturels, considérés comme un capital essentiel à la survie économique.
Vers de nouveaux mécanismes de solidarité financière
En soutien aux propositions de la secrétaire générale du Commonwealth, Shirley Ayorkor Botchwey, le souverain a salué plusieurs initiatives stratégiques. Parmi elles, la création d'un fonds « Commonwealth Net Zero » pour faciliter l'accès au crédit, ainsi qu'un mécanisme d'assurance mutuelle destiné à garantir des versements rapides après des catastrophes naturelles. Ces mesures visent à transformer la structure du Commonwealth, qui regroupe 2,7 milliards de personnes, en un bloc capable de répondre aux défis globaux par l'investissement durable et l'éducation, plutôt que de rester figé dans les divisions du passé.