À l'approche des échéances électorales de 2026, le Rassemblement national des indépendants (RNI) engage une phase de bilan pour justifier la poursuite de son action gouvernementale. Mohamed Aujjar, figure de proue du parti, insiste sur la nécessité de prolonger les mandats pour achever des réformes structurelles complexes, tout en reconnaissant les défis persistants dans le quotidien des citoyens.
La stratégie du temps long pour les réformes
Pour le RNI, la transformation du pays ne peut se mesurer sur une période de cinq ans. Mohamed Aujjar soutient que les projets engagés exigent une stabilité politique sur plusieurs mandats pour porter leurs fruits. Si le parti revendique des avancées, notamment la création annoncée de 850 000 emplois sur l'objectif d'un million, il admet que les retombées macroéconomiques, comme la hausse des investissements, ne se sont pas encore traduites par une amélioration tangible du pouvoir d'achat des ménages.
Leviers économiques et salaire minimum
Face aux interrogations sur la viabilité de ses engagements, le parti mise sur une stratégie fiscale ambitieuse. Le RNI prévoit de financer la hausse du salaire minimum grâce à une augmentation des recettes fiscales, chiffrées à 20 milliards de dirhams, couplée à un objectif de croissance de 5 %. Concernant l'attractivité du pays, Mohamed Aujjar rejette l'idée qu'une revalorisation salariale puisse effrayer les investisseurs étrangers, arguant que ces derniers privilégient avant tout la stabilité politique, la sécurité juridique et la qualité des infrastructures nationales.
Réformes sociales : éducation et santé
Le volet social occupe une place centrale dans le plaidoyer du parti. En matière d'éducation, le RNI propose une mesure fiscale incitative : une réduction d'impôt de 5 000 dirhams pour les familles scolarisant trois enfants dans le privé, tout en vantant le programme des « Écoles pionnières » pour renforcer l'attractivité du secteur public. Dans le domaine de la santé, le parti qualifie d'historique la généralisation de la couverture médicale et la décentralisation des facultés de médecine. Toutefois, le dirigeant reconnaît l'existence de lobbies influençant le prix des médicaments et préconise le développement d'une industrie pharmaceutique locale pour mieux réguler le marché.
Un bilan sous le signe de la persévérance
En somme, le RNI cherche à transformer le scrutin de 2026 en un référendum sur la continuité. Si le parti reconnaît que certains engagements restent à concrétiser, il présente son bilan comme une base solide. La capacité du gouvernement à maintenir le cap malgré les pressions économiques et les résistances sectorielles constitue l'argument principal de sa campagne pour solliciter un nouveau mandat auprès des électeurs marocains.