Le Rassemblement National (RN) relance le débat sur les retraites en France avec une proposition chiffrée bien plus élevée que celle du gouvernement. Marine Le Pen et son parti proposent une baisse de l’âge légal à 62 ans, assortie d’une mesure spécifique pour les travailleurs précoces, mais au prix d’un coût budgétaire estimé à 35 milliards d’euros, contre 9 milliards pour les mesures actuelles.
Une réforme aux ambitions sociales, mais au coût explosif
Marine Le Pen et Alexandre Loubet, député RN de Moselle et membre de la commission des affaires économiques, défendent une réforme qui abaisserait l’âge légal de départ à 62 ans. Pour les travailleurs ayant commencé avant 20 ans, l’âge serait même réduit à 60 ans. Cette proposition s’inscrit dans une logique de justice sociale, selon le parti, qui estime que ces mesures répondent aux attentes des Français épuisés par des carrières longues et pénibles.
Un écart de 26 milliards avec les estimations gouvernementales
Le coût annoncé par le RN – 35 milliards d’euros – contraste fortement avec les 9 milliards estimés par le gouvernement pour des mesures similaires. Cet écart s’explique notamment par la générosité des conditions proposées : non seulement l’âge légal est réduit, mais la prise en compte des carrières longues est élargie. Les économistes soulignent que cette différence reflète des hypothèses démographiques et économiques radicalement distinctes, notamment sur la durée de cotisation et l’espérance de vie active.
Quelles conséquences pour le système de retraites ?
Une telle réforme, si elle était appliquée, aurait un impact immédiat sur le déficit des régimes de retraite. Le RN mise sur une croissance économique accrue pour compenser partiellement ce surcoût, mais les risques de déséquilibre budgétaire à moyen terme restent élevés. Les syndicats et les oppositions politiques pourraient aussi s’opposer à cette proposition, arguant qu’elle aggraverait les tensions sur le système par répartition. Enfin, cette annonce relance le débat sur la soutenabilité financière des retraites en France, déjà fragilisée par le vieillissement démographique.