Le RN forme son premier groupe au Sénat, LFI y entre, la droite s'érode avant 2027

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 46 lectures
Le RN forme son premier groupe au Sénat, LFI y entre, la droite s'érode avant 2027

Le renouvellement de 178 sièges sur 348 au Sénat français, dimanche 27 septembre, consolide la majorité de droite et du centre au Palais du Luxembourg, mais révèle des fractures profondes à sept mois de l'élection présidentielle de 2027. Si Gérard Larcher (LR) s'achemine vers une réélection à la présidence de la chambre haute jeudi, son parti perd environ sept sièges, pendant que le Rassemblement national franchit une étape historique et que La France insoumise fait son entrée dans l'hémicycle.

Percée historique du RN et constitution d'un groupe parlementaire

Le fait marquant du scrutin est l'accession du Rassemblement national au statut de groupe parlementaire, une première depuis la création du parti. Avec au moins quinze sièges remportés — dans les Alpes-Maritimes, le Var, les Bouches-du-Rhône, le Gard, l'Hérault, le Vaucluse et la Gironde où la députée Edwige Diaz l'emporte — le RN et ses alliés de l'Union des droites pour la République (UDR) d'Éric Ciotti disposent désormais de temps de parole accru, de moyens renforcés et d'une visibilité institutionnelle précieuse pour la candidature de Marine Le Pen. La progression locale est nette, certains scores étant quintuplés par rapport au renouvellement de 2020. Seule ombre au tableau : la défaite de Marie-Caroline Le Pen dans la Sarthe.

Entrée remarquée de La France insoumise au Palais du Luxembourg

De l'autre bord, La France insoumise brise son plafond de verre. Gabriel Amard, gendre de Jean-Luc Mélenchon, crée la surprise en s'imposant dans le Rhône, tandis que Marc Péré, apparenté LFI, l'emporte en Haute-Garonne sous l'étiquette d'une union de la gauche. Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, qui n'avait jusqu'ici aucun élu au Sénat, y disposera donc de deux représentants qui siégeront dans l'intergroupe parlementaire mélenchoniste. L'échec de justesse chez les Français de l'étranger — trois voix manquantes — et la dispersion des voix due aux candidatures multiples à gauche illustrent toutefois la fragilité de cette implantation naissante.

Érosion des Républicains et enjeux pour la présidentielle de 2027

Les Républicains, bien que restant le pivot de la majorité sénatoriale avec leurs alliés centristes, subissent une érosion d'environ sept sièges. Cette perte de poids intervient alors que Bruno Retailleau, facilement réélu en Vendée, ambitionne de s'imposer comme la figure de proue de la droite pour 2027 face aux candidats du bloc central. Le parti d'Éric Ciotti, l'UDR, profite de ce contexte pour grappiller deux sièges dans les Alpes-Maritimes, confirmant la recomposition en cours à droite.

Rééquilibrages à gauche et au centre, Larcher vers un nouveau mandat

Le Parti socialiste limite la casse avec des gains dans le Doubs et l'Hérault compensant une perte dans la Creuse, mais les Écologistes reculent en Gironde et en Alsace, conséquence de la bascule de Bordeaux et Strasbourg aux municipales. Au centre, le groupe macroniste RDPI, orphelin de son président François Patriat, assure sa pérennité, tandis qu'Horizons, le parti d'Édouard Philippe, espère des gains utiles à sa dynamique présidentielle. Gérard Larcher, prenant acte de l'arrivée d'un groupe nationaliste, a promis de garantir l'exercice plein des droits à chaque formation dans l'instance qu'il devrait continuer de présider.

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