La déroute du Parti républicain lors des récentes élections de mi-mandat aux États-Unis provoque une onde de choc politique en Israël. Alors que Benjamin Netanyahu a longtemps fondé sa légitimité sur sa capacité à maintenir une alliance indéfectible avec Washington, ce pilier stratégique semble aujourd'hui s'effriter, affaiblissant ses chances de former un nouveau gouvernement.
L'érosion du capital politique de Netanyahu
Le Premier ministre sortant, qui avait misé sur un soutien affiché de Donald Trump, se retrouve désormais isolé. L'opposition israélienne, emmenée notamment par Yair Lapid, qualifie désormais la figure de Netanyahu de « toxique » aux yeux de l'électorat américain. Selon les critiques, les politiques menées par le gouvernement actuel — marquées par la guerre à Gaza et les tensions régionales avec l'Iran — ont durablement dégradé l'image d'Israël outre-Atlantique. Cette perception négative, partagée par une partie croissante de l'opinion publique américaine, complique la tâche du Premier ministre dans ses tractations pour conserver le pouvoir.
Un blocage institutionnel persistant
Sur le plan intérieur, les résultats du scrutin du 27 octobre n'ont pas permis de dégager une majorité claire. Le bloc de droite dirigé par Netanyahu plafonne à 53 sièges, loin des 61 requis pour gouverner. Parallèlement, le bloc d'opposition mené par Gadi Eisenkot, soutenu par les partis arabes, totalise 48 sièges. La situation s'est encore complexifiée avec le retrait du soutien du parti ultra-orthodoxe Judaïsme unifié de la Torah, allié historique de Netanyahu, qui a refusé de le recommander pour la formation d'un nouvel exécutif. Le président Isaac Herzog doit désormais trancher sur la nomination d'un candidat capable de sortir le pays de cette impasse.
Le poids des conséquences économiques et diplomatiques
Au-delà des jeux d'alliances, les analystes soulignent un risque structurel majeur : la remise en question de l'aide militaire américaine, estimée à 3,8 milliards de dollars par an. Certains responsables politiques, comme Avigdor Lieberman, suggèrent que ce soutien financier pourrait être le prix à payer pour les choix diplomatiques récents. Une réduction de cette aide contraindrait Israël à augmenter drastiquement son budget de défense, déjà équivalent à 7 % de son PIB, avec des répercussions directes sur le pouvoir d'achat des citoyens.
Une relation bilatérale durablement altérée
Malgré les espoirs de l'opposition de restaurer les liens avec Washington en cas de changement de Premier ministre, les experts restent prudents. Des sondages récents indiquent que l'opinion publique américaine manifeste une hostilité croissante envers Israël, indépendamment de la personnalité à sa tête. Il est probable qu'aucun gouvernement israélien, même sans Netanyahu, ne parvienne à rétablir rapidement le niveau de coopération bilatérale observé il y a cinq ans, marquant ainsi une transformation profonde et durable des relations entre les deux alliés historiques.