À quelques jours de la convention extraordinaire du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) fixée au 17 octobre, le processus électoral est marqué par le retrait de la candidature de Pierre Emmanuel Binyam. Cette décision, motivée par des griefs persistants sur l'organisation du scrutin, laisse Tiriane Noah seule en lice pour succéder à Maurice Kamto à la tête de la formation politique.
Des irrégularités pointées dans le fichier électoral
Le camp de Pierre Emmanuel Binyam a justifié son retrait par une série d'anomalies techniques qu'il juge incompatibles avec la tenue d'un scrutin transparent. Parmi les griefs soulevés figurent des inscriptions en double, l'omission de communes pourtant à jour de leurs cotisations, ainsi que la présence de délégués décédés sur les listes électorales, notamment dans le département du Noun. À ces irrégularités s'ajoutent l'indisponibilité du fichier électoral pour la région du Sud-Ouest et l'éviction d'Evaristus Longa Shengang, candidat sur la liste de Binyam dans la Mefou-et-Afamba.
Des exigences restées sans réponse
Avant de formaliser son retrait, l'équipe de Pierre Emmanuel Binyam avait formulé trois conditions majeures le 12 octobre : la suppression de la cotisation statutaire comme préalable au vote, une prise en charge logistique pour les délégués du Grand Nord et une mise à jour rigoureuse du fichier électoral. Selon les signataires, ces demandes n'ont reçu qu'une satisfaction partielle, rendant, selon eux, la poursuite de la campagne impossible dans des conditions d'équité suffisantes.
Une stratégie de retrait sans contestation
Malgré la gravité des accusations portées contre l'organisation, le camp Binyam a précisé qu'il ne contesterait pas les résultats du scrutin du 17 octobre. Cette posture, qualifiée de calculée, vise à préserver l'unité du parti en vue des échéances électorales de 2027. En choisissant de se retirer tout en réaffirmant son attachement au MRC et son soutien à Maurice Kamto, le candidat sortant cherche à documenter les défaillances internes sans pour autant provoquer une fracture au sein de la base militante. Reste désormais à observer la réaction de la direction du parti face à ce scrutin qui, en l'absence de véritable rival, pourrait ternir l'image de démocratie interne que le MRC revendique.