Le retrait officiel de Michelle Bachelet de la course au poste de Secrétaire général des Nations Unies marque une étape dans la clarification du processus de sélection. Si ce désistement réduit le nombre de prétendants, il ne modifie pas la trajectoire de l'ancien président sénégalais Macky Sall, dont la candidature traverse une phase de fragilisation au sein du Conseil de sécurité.
Un impact limité sur les rapports de force
La décision de l'ancienne présidente chilienne, motivée par les tensions internationales actuelles, était prévisible au regard des derniers scrutins indicatifs. Lors du vote du 21 août, Michelle Bachelet n'avait recueilli que deux avis favorables, contre six défavorables. Ce retrait ne profite pas mécaniquement à Macky Sall, dont la position était déjà plus solide que celle de la candidate chilienne lors de cette même séquence. L'enjeu pour les autres candidats réside désormais dans le report potentiel des voix, bien que rien n'indique une dynamique de transfert automatique vers l'ancien chef d'État sénégalais.
Le recul de la candidature sénégalaise
La situation de Macky Sall au sein du Conseil de sécurité s'est nettement dégradée lors du troisième scrutin indicatif, tenu le 18 septembre. Avec seulement cinq voix « encourage » contre neuf « décourage », il a perdu sa place dans le groupe de tête. Il se retrouve désormais à égalité avec d'autres candidats, tels que l'Ougandais Olara Otunnu et l'Argentin Rafael Grossi, tout en affichant le taux de rejet le plus élevé parmi ce groupe. Ce recul souligne l'inefficacité, à ce stade, du soutien officiel apporté par le président Bassirou Diomaye Faye depuis juillet dernier.
Une course vers la clarification
Le départ de Michelle Bachelet illustre une tendance au désistement des candidatures les plus fragiles, préférant se retirer avant une élimination formelle. Ce phénomène de sélection naturelle au sein du Conseil de sécurité pourrait se poursuivre à mesure que les membres affinent leurs préférences. Alors que la course est désormais dominée par la Costaricaine Rebecca Grynspan et la Guyanienne Carolyn Rodrigues-Birkett, Macky Sall fait face à un défi majeur : inverser une dynamique devenue défavorable avant que le Conseil ne formule sa recommandation finale à l'Assemblée générale pour succéder à António Guterres, dont le mandat s'achève fin 2026.