Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a publiquement exprimé son désaccord face au maintien de la collaboration entre le groupe Bolloré et la chroniqueuse russe Xenia Fedorova. Cette dernière, expulsée du territoire français durant l'été pour son implication présumée dans des campagnes de désinformation, s'apprête à reprendre ses interventions sur la chaîne CNews via visioconférence.
Une expulsion justifiée par des enjeux de sécurité
L'arrêté d'expulsion visant Xenia Fedorova, pris fin juillet, s'appuie sur des accusations graves : les autorités françaises la considèrent comme un relais actif de la propagande du Kremlin visant à déstabiliser l'ordre public. En complément de cette mesure administrative, le gouvernement a également procédé au gel de ses avoirs pour une durée de six mois. Le ministre des Affaires étrangères a rappelé que cette décision faisait suite à une procédure similaire menée en Allemagne, soulignant le caractère avéré, selon lui, des activités de la chroniqueuse au service des intérêts russes contre la France et l'Union européenne.
Le maintien d'une tribune médiatique
Malgré son éloignement physique du territoire, le groupe Bolloré a confirmé que Xenia Fedorova continuerait d'intervenir à distance sur CNews et de contribuer à l'hebdomadaire JDNews. Lors d'une récente émission, le présentateur Gauthier Le Bret a précisé que l'interdiction de séjour sur le sol français n'empêchait en rien la diffusion de ses analyses en visioconférence. Cette stratégie de maintien à l'antenne place le groupe de médias au cœur d'une polémique sur la responsabilité éditoriale face aux enjeux de sécurité nationale.
La crainte d'une influence sur le débat public
L'indignation du chef de la diplomatie française porte sur l'octroi de ressources et de temps d'antenne à une personnalité dont les activités sont officiellement qualifiées de hostiles par l'État. Au-delà de la question de la liberté éditoriale, que le ministre reconnaît comme un principe sacré, cette situation soulève des inquiétudes quant à la manipulation potentielle du débat public. La présence récurrente de cette figure médiatique dans les médias du groupe Bolloré est perçue par certains observateurs comme un risque pour la sérénité des échéances politiques à venir, notamment en vue de la présidentielle de 2027.