La reprise des hostilités dans le nord de l'Éthiopie entre l'armée fédérale et les forces tigréennes s'est traduite par une interruption totale des services Internet dans la région. Cette coupure, confirmée par l'observatoire Netblocks, survient alors que les combats s'étendent au-delà du Tigré, faisant craindre une déstabilisation durable du pays.
Une offensive militaire d'envergure
Depuis le début de la semaine, une coalition de sept groupes armés, menée par le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), a lancé une offensive coordonnée. Les forces rebelles ont revendiqué la prise de contrôle de trois aéroports dans la province tigréenne, incluant celui de Mékélé. Les affrontements se sont rapidement propagés aux régions voisines de l'Afar et de l'Amhara, atteignant des zones stratégiques comme Waldiya, située sur un axe majeur reliant le nord à la capitale, Addis-Abeba.
Le black-out numérique comme outil de guerre
La coupure des télécommunications rappelle les méthodes employées lors du précédent conflit, qui a causé plus de 600 000 décès avant l'accord de paix de Pretoria en 2022. En isolant numériquement la région, les autorités fédérales et les belligérants limitent la circulation de l'information, plongeant les populations civiles dans une incertitude totale. Cette situation entrave non seulement le travail des observateurs, mais fragilise également l'accès aux services essentiels dans une zone déjà marquée par une histoire récente de privations.
L'inquiétude croissante des populations civiles
Face à l'intensification des combats et à l'absence de communication, les habitants du Tigré manifestent une vive inquiétude, craignant un retour aux conditions de famine vécues lors des années de guerre. Des témoignages font état d'une ruée vers les réserves alimentaires, malgré une inflation galopante sur les marchés locaux. Si l'armée fédérale affirme avoir neutralisé 272 combattants rebelles en trois jours, l'absence de bilan officiel de la part des groupes armés maintient le flou sur l'ampleur réelle des pertes humaines.
Appels internationaux à la désescalade
L'Union africaine et l'Union européenne ont officiellement exhorté les parties à une désescalade immédiate. La communauté internationale redoute que cette reprise des hostilités ne dégénère en un conflit à grande échelle, menaçant la stabilité de toute la Corne de l'Afrique. La situation reste critique, alors que les enjeux sécuritaires et humanitaires se cristallisent autour de la reprise des combats sur des axes logistiques vitaux pour le pays.